Fondation
du Point-Cœur de New-York
« The human spirit is not measured
by the size of the act,
but by the size of the heart. »
(Inscription dominant le Ground zero).
Le Point-Cœur de New-York est né il
y a plusieurs années déjà. En moi. Mais
cela ne pouvait nous contenter ! Il fallait encore, pour qu’il
fasse du bien, qu’il vît vraiment le jour au Bronx
ou à Harlem,
sinon notre Œuvre risquerait vite de passer pour une œuvre
virtuelle et… totalement stérile.
J’eus donc l’occasion ces derniers mois de faire
quelques passages impromptus à New-York, de me documenter
un peu sur la vie de cette ville incroyable, de faire part du
projet à l’un ou à l’autre d’entre
vous. Et puis, j’ai longuement prié, attendant sans
me lasser d’autant que, depuis le début, cette fondation
suscita chez tous un incroyable intérêt… Aussi
lorsqu’Aude Hannart, comme membre de la Fraternité Saint-Maximilien-Kolbe,
offrit de donner quelques mois à l’Œuvre pour
la mission qu’on lui confierait, il me sembla que l’heure était
venue d’avancer plus concrètement. Pourtant, avec
la guerre en Irak et l’incompréhension américaine
de la position française, les problèmes de pédophilie
qui touchent de plein fouet l’Eglise de ce pays, cela semblait
la plus mauvaise heure qui fût depuis des années…
Aude débarqua à New-York le mardi de Pâques.
Elle reçut la chaleureuse hospitalité de mon meilleur
ami d’enfance qui vit en plein Manhattan, puis de sœurs
Ursulines qui ont un collège dans le nord du Bronx. Et,
avec l’aide efficace du responsable de Communion et Libération
aux
États-Unis qui mit leur bureau de Lexington Avenue à notre
disposition, elle commença avec passion ses investigations.
Elle visita plusieurs centres dont la mission a quelques liens
avec celle de Points-Cœur, elle fit la connaissance de bon
nombre de religieuses et de prêtres, elle demanda à un
avocat de nous aider à fonder l’Association « Heart’s
Home USA » qui accepta de le faire pro bono. Finalement
elle put rencontrer le vicaire général de l’archidiocèse
qui lui donna le feu vert pour continuer plus avant ses démarches
et l’autorisa à trouver une paroisse qui puisse
nous accueillir.
Pour ma part, je suis arrivé ici avec Gonzague L. il
y a une semaine. Nous avons commencé à visiter
quelques communautés, à parcourir la ville… Nous
avons peut-être même déjà visité la
maison où s’installera notre Point-Cœur : les
jours qui viennent nous le diront. Mais ce que nous avons vérifié,
c’est que le jugement de Mère Teresa qui, au point
de départ, a allumé en nous le désir de
fonder ici une communauté, est bien vrai : New-York est
la ville au monde qui a le plus besoin de compassion ! C’est
une ville qui brille de mille feux, mais qui est aussi incroyablement
grise. C’est une ville riche de dons très variés,
mais qui ploie sous d’immenses souffrances. C’est
une ville à la population innombrable, mais où beaucoup
sont terriblement seuls. Et déjà, je me dis : ce
n’est pas un Point-Cœur dans le Bronx qu’il
faudrait fonder, mais des dizaines ; ce n’est pas seulement
dans le Bronx qu’il faudrait s’installer, mais aussi
dans East Village, dans Brooklyn, dans Harlem… La moisson,
là aussi, est extraordinairement abondante…
Father Thierry