Les Points-Cœur dans le monde
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Notre quartier
Notre Point-Cœur est implanté dans le barrio
appelé Villa Hippodromo, qui compte aujourd'hui trois
mille familles. La pauvreté du bidonville est très
apparente. Toutes les rues sont en terre battue. Les rues
principales forment un quadrillage (comme dans toutes les
villes d’Amérique !) et sont bordées de
fossés qui jouent le rôle de caniveaux. L’eau
qui y croupit a une couleur marron ou verdâtre assez
douteuse. D’autres rues, moins larges, appelées
pasos (passages) ou pasillos (couloirs) font du quartier un
véritable labyrinthe. |
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Les maisons sont généralement très sombres.
Le sol est presque toujours en terre battue et le mobilier est rare
: une table, quelques chaises, un coin cuisine avec un frigo bien
souvent vide, un meuble pour ranger la vaisselle, des lits minuscules
et parfois une étagère… Ce sont souvent des
draps ou de grands morceaux de tissu qui remplacent les portes.
Toutes les maisons du quartier ont l’électricité
et l’eau courante.
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Les familles ici sont très nombreuses… Il y a
en général cinq ou six enfants par famille ; mais
quelques mères ont jusqu’à dix enfants !
Les jeunes quittent leurs parents vers 17-19 ans ; leur départ
correspond toujours à une naissance ou à un mariage.
Ils s’installent alors dans le même quartier et
commencent à construire leur maison, petit à petit.
Le Point-Cœur de Santa Fe est ouvert depuis le 27 février
1993. Il est constitué de deux maisons séparées
par une grande cour de cinquante mètres de long sur dix
mètres de large. Il y a un toboggan et deux cages de
foot, ce qui fait le bonheur des enfants ! La première
maison est assez spacieuse : elle comprend une salle à
manger (qui est également le lieu où l’on
accueille les enfants), une salle de communauté, la chambre
des filles et la chapelle. La seconde maison, nettement plus
petite, est constituée de la chambre des garçons,
d’une salle de bains et d’une éventuelle
chambre d’amis ; le tout reste très simple (toit
en tôle, sol en ciment). |
Apostolat à la prison de Coronda : Les maîtres de
l’amour !
| Aujourd’hui, nos amis sont au nombre de dix-sept, partageant
un grand dortoir avec une seule salle de bain et une minuscule
cour. Ces hommes sont ici parce qu’à cause de problèmes
psychiatriques, ils ont commis différents délits
: certains furent minimes (vol à l’étalage
par exemple), tandis que d’autres furent nettement plus
graves, par exemple le meurtre, le viol, le vol qualifié
ou encore le trafic de drogue… Et tous vivent ensemble,
dans un même dortoir. La plupart d’entre eux ont
déjà purgé leur peine, mais ne peuvent
sortir car personne ne veut se porter grant pour eux. |
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Les internes de ce pavillon sont les seuls prisonniers à
ne pas pouvoir profiter du terrain de foot de la prison, à
ne pas faire de sport, à n’avoir aucune activité.
Ils restent dans cette grande pièce toute la journée,
pendant des années entières, abandonnés par
leurs familles et rejetés par tous. Leurs vies ne sont que
tristesse, ennui et souffrance.
Nous leur rendons visite les mardis, portant en nos cœurs
le désir de les consoler, de leur apporter un peu de joie
et d’espérance. Quand nous arrivons certains restent
endormis à cause du traitement médical très
lourd qu’ils ont reçu quelques heures auparavant. Les
autres nous accueillent avec leurs plus beaux sourires et beaucoup
de douceur dans chacune de leurs embrassades. Nous sommesd’évidence
les bienvenus ! Chacun d’eux nous invite et nous mène
par la main jusqu’à sonr lit pour nous raconter quelque
chose ou nous offrir un maté accompagné de petits
gâteaux qu’ils ont généralement gardés
pour nous.
Au terme de la visite, nous prions le chapelet tous ensemble ;
chacun présente ses propres intentions et jamais les «
jeunes du Point-Cœur » ne sont oubliés. Eux prient
pour nous !
Où sont la joie, l’espérance et la consolation
que nous allions leur apporter ? En fait, ce sont eux nos maîtres :
les plus rejetés des plus rejetés, ce sont eux qui
nous apprennent à aimer réellement.
Daniel : une si longue amitié
Daniel connaît le Point-Cœur depuis sa fondation.
Il prétend qu’il est le premier enfant du quartier
à être entré dans la maison ! Nous l’avons
connu enfant et il a aujourd’hui dix-huit ans. Nous
avons construit avec lui une amitié solide, quoique
parfois mouvementée.
Notre maison est un refuge pour lui, refuge face à
la violence qui existe entre lui et son père. Grâce
à la confiance qui existe entre nous, Daniel vient
aujourd’hui se confier aux Amis des enfants. Il y a
deux ans, sa seule réaction était le mutisme
ou la violence. Nous le voyons souvent errer devant le Point-Cœur
le soir ou le week-end, moment pendant lequel son père
est à la maison. Il vient souvent à notre porte
pour nous demander un verre d’eau ou une allumette pour
sa cigarette, prétexte pour passer quelques instants
avec nous. Son père est alcoolique et à l’habitude
de le frapper depuis qu’il est petit. Mais Daniel a
maintenant dix-huit ans et il ne subit plus les coups et parfois
les rend. |
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Un dimanche, il est venu me voir pour me confier sa dernière
conversation avec son père. Il lui avait tout simplement
dit qu’il n’était pas son fils. Daniel me confiait
toute sa douleur, il me disait que lui l’avait toujours respecté,
il se sentait totalement impuissant devant son père. Il me
confiait aussi l’enfer qu’il vit chaque week-end quand
il boit dés le petit-déjeuner.
Daniel nous a révélé son cœur de compassion.
Il souhaite que tous les enfants qui viennent au Point-Cœur
puissent y passer une après-midi agréable et surtout
n’aient pas un père comme le sien.