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| Les Points-Cœur
dans le monde > Colombie |
Point-Cur Santa-Maria-Micaela
(Punto Corazón Santa María Micaela)
Présentation
Ville : Bucaramanga (800 000 habitants)
Quartier : Esperanza II à 960 m daltitude
Fondé le : 17 septembre 1991
Visiteur : P. Antoine-Marie
Le Point-Cœur Santa-Maria-Micaela a été
fondé en septembre 1991, accueilli par la communauté
des pères Somascos. Ces derniers sont des religieux
fondés par saint Jérôme Émilien
au XVIIIe siècle. Leur mission est proche du charisme
de Points-Cœur, ils sont engagés auprès
des jeunes et des enfants. Ce sont eux qui prêtent la
maison au Point-Cœur.
Huit communautés se sont succédé, tant
et si bien que le Point-Cœur est très intégré
dans le quartier. Les Amis des enfants connaissent à
peu près cent vingt familles et il est bien difficile
de les visiter plus d’une fois par mois.
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| Qui était
santa Maria Micaela ? |
Maria Micaela Lopez de Discatillo est
née à Madrid en janvier 1809. C’est
à la suite de ses visites, dans les années
1840, à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, qu’est
née sa vocation de se consacrer à l'éducation
de la jeunesse inadaptée socialement.
L'amour du Christ en l'Eucharistie a été
le fondement de son œuvre. Elle a fondé l'Institut
des Adoratrices Esclaves du Saint Sacrement et de la Charité
en 1856.
C’est en soignant les malades du choléra
qu’elle est morte à Valence, le 24 août
1865. Elle a été canonisée en 1934. |
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Lieu |
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Cordillère orientale, département de Santander
(moitié nord du pays), 960 m. d’altitude.
80000 habitants. La ville est située sur un plateau.
Bucaramanga est surnommée «Ciudad Bonita »
: c’est la ville des parcs, au climat tropical.
La partie orientale de la ville comprend de luxueux quartiers,
mais presque tout autour se trouvent des quartiers modestes
jusqu’à très pauvres surtout dans sa partie
nord.
Ciudad Norte (notre bidonville) est en contrebas, sur le
flanc de la montagne. Il est divisé en dix-huit quartiers,
d’origines et d’histoires diverses. |

Le quartier Esperanza II et, sous la flèche, le Point-Cœur |
Beaucoup d’entre eux sont matériellement assez aisés
: eau, gaz, électricité, maisons en brique, télévision,
Frigidaire. D’autres le sont beaucoup moins et les gens manquent
de tout, vivant dans des ranchos faits de lattes de bois, cuisinant
avec du feu de bois et allant chercher l’eau à la fontaine
publique.
Beaucoup d’enfants sont malades des membres inférieurs
ou ont un retard mental et la plupart manquent de soins, désœuvrés
une partie de la journée car les parents travaillent et l’école
ne fonctionne que par demi-journée.
Ce n’est toujours pas facile pour les parents d’inscrire
leurs enfants à l’école, par manque d’argent.
D’autres enfants travaillent dur pour gagner l’argent
familial.
Le Point-Cœur est plus exactement dans le barrio Esperanza
II, aux maisons en dur, relativement aisé (sauf la partie
des ranchitos) comparé à d’autres, mais violent.
On y rencontre de nombreux fumadores y ladrones qui passent leur
temps à fumer de la marijuana ou du basuco (drogue qui rend
agressif). Ils inhalent de la colle. Il n’est pas rare qu’il
y ait des règlements de compte entre bandes. Parfois la police
fait ses propres règlements de compte.
La maison
Au rez-de-chaussée: la salle à manger-coin-prière
où nous prions laudes et chapelet ; trois chambres : celle
du visiteur, des garçons et une d’emploi variable ;
cuisine, douche, w.-c., lavoir. À l’étage :
la chambre des filles, la chapelle, la salle de réunion-bibliothèque-bureau.
La vie quotidienne
| Horaires |
| 06.15 |
lever |
| 06.30 |
laudes |
| 07.00 |
petit déjeuner |
| 08.00 |
adoration personnelle par demi-heure |
| 10.30 |
apostolats |
| 12.30 |
déjeuner, sieste |
| 14.30 |
chapelet, puis apostolats |
| 18.00 |
messe à la Paroisse St Inès |
| 18.45 |
vêpres |
| 19.15 |
apostolats |
| 20.30 |
dîner |
| 21.00 |
partage du jour |
| 22.00 |
adoration et complies, puis dodo… ou comptes,
courrier… et Dodo |
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Vie spirituelle
Nous participons à quelques activités de la Paroisse.
Nous avons de bonnes relations avec les pères Somascos qui
nous accueillent pour nous reposer et nous appuient matériellement
et moralement, les Filles de l’Église qui nous aident
également.
Nous avons un bon contact avec le Foyer de Charité où
il fait bon se ressourcer. Par ailleurs, il existe quelques autres
lieux de repos.
Apostolats
- Paz y Cooperacion : Le Lundi soir, les Amis des enfants
sortent avec la brigade Paz y Coopéracion, récemment
rebaptisée Ninos de Papel (enfants de Papier) pour distribuer
dans les différents partches (lieux où se regroupent
les personnes de la rue) un repas chaud.
Pour les amis des enfants, c’est souvent l’occasion
d’échanges profonds ou plus légers avec des
êtres marginalisés que personne n’écoute
depuis très longtemps…
- El Hogar Claret : C’est un foyer de détention
pour mineurs où vivent plus d’une centaine de jeunes
condamnés à des peines plus ou moins longues ; Chaque
samedi, nous retrouvons nos amis, filles et garçons âgés
de onze à dix-huit ans à Piedecuesta, petite ville
à la sortie de Buracamanga. Peu à peu la confiance
s’établit. Ils ont tous une telle soif de parler,
d’être écoutés que l’on pourrait
y passer toutes nos journées.
- Bodegas : Il s’agit d’anciens entrepôts
de café actuellement occupés par plus de soixante
familles. Chacune a environ 12 m et est séparée
de l’autre par une construction sommaire de bois, de plastique
ou de toile.
Quand on arrive, le lieu semble toujours sans vie, les familles
restant à l’intérieur, jusqu’au moment
où le premier enfant nous aperçoit et se jette dans
nos bras. . Alors s’emplit de cris de joie, les adultes
eux-mêmes sortent pour regarder les enfants jouer. Certains
parents nous amènent leurs enfants pour que l’on
joue avec eux.
- Autres : Nous accompagnons parfois certains de nos amis
dans leur travail de nuit. Avec Robert, nous allons récupérer
dans les poubelles des quartiers riches ce qui peut être
réutilisé et vendu. Avec Ricardo ou Patty, nous
plumons et préparons les poulets qu’ils viennent
de tuer et qui seront vendus au petit matin.
- Transición & le Mirador : Nous visitons les
quartiers de Transición (secteurs IV et V) et du Mirador,
ainsi que divers autres : Invasion, Nueva Colombia, Juventud,
Maria-Paz, San Cristobal, Esperanza II, Esperanza III, Los Angeles.
Transición est un quartier ancien (entre 15 et 25 ans selon
les secteurs) où, de plus en plus, les ranchos disparaissent
au profit de maisons en dur.
Le Mirador est apparu il y a sept ans ; c’est une colline
réputée inconstructible où le terrain s’affaisse
; il y a pourtant beaucoup de ranchos et quelques fontaines où
les gens se baignent, lavent le linge et viennent chercher l’eau
pour cuisiner.
Nos sorties comprennent jeux à l’extérieur
et visites aux familles (la communauté connaît à
ce jour 120 familles à visiter). Après la messe,
nous visitons les familles d’Esperanza II.
- Au Point-Cœur : La permanence dans la maison à
pour but de créer un lieu de référence où
l’on accueille quelques enfants pour une journée,
une nuit.
C’est l’occasion de créer d’autres relations
en associant l’enfant aux tâches de la maison (ménage,
cuisine…), en instaurant un dialogue, parfois en proposant
une activité. Il s’agit de coordonner la permanence
et l’apostolat : à partir des difficultés
que l’on peut observer au cours des sorties, faire une proposition
qui permette d’aller plus loin qu’une visite, appuyer
plus concrètement les familles visitées.
Nous avons aussi pour but d’accompagner les familles, les
enfants, faisant le lien entre eux et les institutions, notamment
l’hôpital, les centres de santé, la paroisse,
les écoles…
La détresse des jeunes
Beaucoup de jeunes constituent des bandes, dans lesquelles ils
se retrouvent entre autres pour se droguer ou voler. Certains se
réunissent non loin de notre maison. Ce sont des jeunes de
quatorze à dix-huit ans. De tous ceux que nous avons connus
au cours des premières années, plus un seul n’est
encore en vie aujourd’hui : ils ont trouvé la mort
soit pendant ces fameux « nettoyages », soit durant
des conflits entre bandes rivales. Cependant, même si les
fréquents coups de feu nous préoccupent (pour ceux
qui les reçoivent !), jamais nous n’avons éprouvé
d’insécurité en vivant ici.
Au début, les vagos (zonards) nous regardaient comme des
étrangers et nous cachaient leur misère. Maintenant,
il arrive qu’ils viennent au Point-Cœur pour parler ou
faire soigner leurs blessures. Avec l’un ou l’autre,
dont l’amitié avec la famille nous rendait plus proche,
nous avons tissé des liens plus profonds.
Dans ce pays au sentiment religieux très fort, les vagos
se considèrent comme des pécheurs qui n’ont
pas le droit de s’approcher de l’Église. Par
nos démonstrations d’amitié, nous essayons,
à notre manière, de leur dire que Jésus n’est
pas venu pour les justes et les biens portants, mais pour les pécheurs.
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