Ville
: Tegucigalpa (200 000 habitants)
Quartier : Trinidad
Fondé en : novembre 1998
Fête du Point-Cœur : 6 juillet
Tegucigalpa, capitale du Honduras depuis 1880, fait partie du département
Francisco Morazan, situé au centre du pays. Elle s’est
construite et développée avec l’exploitation
de mines d’argent (qui n’existent plus).
Le centre ville reste relativement petit, mais les nouveaux quartiers
s’étalent et envahissent, toujours plus, les collines
voisines.
Notre
quartier, « La Trinidad », s’est créé
il y a environ 25 ans ; il se situe au sud de Tegucigalpa, sur la
municipalité de Gomayagüela. Juste au-dessus se trouve
le quartier du « Pedregal », beaucoup plus connu et
auquel nous sommes rattachés par la paroisse San José
Obrero.
Dans notre quartier de la Trinidad vivent de nombreuses familles,
plus ou moins privilégiées bien que pauvres. Lorsqu’on
s’enfonce pour entrer dans le quartier de « la Providencia
», en se rapprochant du fleuve Choluteca, la pauvreté
se fait plus visible, les ruelles plus étroites. Par sa superficie,
notre quartier n’est pas très étendu, mais il
abrite de très nombreuses familles vivant « les unes
sur les autres ».
La maison
Elle est juste à l’entrée de la colonia, dans
la deuxième rue, juste après la clinique Burdeth.
Elle se présente sur deux étages, avec un terrain
plat d’environ 180 m2, juste devant. Ce terrain est entouré
d’un grillage permettant de délimiter le terrain et
d’avoir un endroit clos. L’accès au deuxième
étage se fait par un escalier extérieur.
Au
rez-de-chaussée, il y a cinq pièces dont la chapelle
au centre, et deux chambres de part et d’autre de celle-ci
(il y a une douche et des toilettes pour deux chambres).
À droite de la maison, dans un recoin, il y a la traditionnelle
Pilla permettant de laver le linge. Nous avons de la chance, car
elle est très spacieuse !
Au 1er étage, une pièce principale avec un bar qui
sépare la cuisine, sert d’accueil aux enfants et de
salle à manger. Il y a des toilettes dans cette pièce.
Dans le fond, une porte donne accès à la salle communautaire
qui reste fermée lorsque les enfants sont là.
Un balcon est adossé à la cuisine et donne à
la fois sur la rue et sur le jardin, son accès se faisant
directement par l’escalier extérieur.
Histoire de la fondation
Père Thierry, frère Jean-Marc et frère José
sont venus préparer la fondation en janvier et juillet 98.
Ils ont été accueillis chez Elly de Salinas, une Hondurienne
d’origine chinoise, qui s’est occupée de tout
pour la fondation : neuvaine jusqu’à l’arrivée
des Amis des enfants, premiers contacts avec l’Evêque
et le Père Tony, recherche du quartier et de la maison, etc.
Elle a rassemblé tous les meubles et ustensiles de cuisine
de ses amis, utiles pour le Point-Cœur, si bien que lorsque
sont arrivés Dominique Laheux et Guénaëlle Rondot,
le 15 septembre 98, il y avait tout ce qu’il fallait (lits,
tables, chaises, matelas, rideaux…).
Le Père Tony qui nous a accueillis dans sa paroisse nous
a alors prêté une maison à vingt minutes en
bus du quartier choisi pour fonder le Point-Cœur. Chaque après-midi,
nous allions au quartier de la Trinidad pour jouer et rencontrer
des familles. Le 18 octobre, l’équipe se renforça
de Miguel de Villanfray et Blandine Paponaud.
Pendant quatre mois, chaque après-midi, nous allions visiter
dans notre futur quartier. C’était une approche progressive,
des enfants nous suivaient dans les visites. Mais si les premiers
contacts se faisaient sans problèmes, la recherche de la
maison n’était pas sans peine. Il aura fallu l’aide
du ciel !…
Le 1er novembre, l’ouragan Mitch détruit la moitié
du Honduras… beaucoup de personnes perdent leur maison et
sont regroupées dans les écoles. À la Providencia,
quartier voisin de la Trinidad, nous visitons chaque jour les 60
familles sinistrées réunies à l’école.
Nous avons fait alors la connaissance de Yolande, une jeune maman
malade du sida que nous avons accompagnée durant ses 15 derniers
jours. Elle nous promit qu’une fois qu’elle serait morte,
elle nous ferait un cadeau. Le 15 novembre, Yolande rejoint le Père
et ce même jour nous trouvons la maison …!
Ensuite, la Providence nous a conduits à rencontrer trois
anciennes sœurs salésiennes qui, émerveillées
par le charisme Points-Cœur, ont donné tout leur temps
libre de vacances pour nous aider. Grâce à elles, nous
réussissons à acheter le maison le 7 janvier 99 et
à récolter des fonds pour la construction.
- 10 janvier, la première équipe se complète.
Yann Breurec inaugure la maison avec une soixantaine d’enfants.
- 17 janvier, nous déménageons. Pendant deux mois
et demi, nous construisons le 1er étage (cuisine, séjour,
salle communautaire). Tout le monde a mis la main à la
pâte : enfants, voisins, mais surtout Marco, un jeune maçon
du quartier, Renaud (AdE du El Salvador), Michel et Yann.
- 14 février, Père Thierry inaugure le Point-Cœur
: Messe et procession du Saint Sacrement, avec une centaine d’amis.
- 25 mars, jour de l’Annonciation, en compagnie de frère
Paul et du Père Pablo, Marie Reine Immaculée est
intronisée.
La vie quotidienne
| Horaire |
| 06 h 00 |
Laudes |
| 06 h 30 |
Petit déjeuner |
| 07 h 00 |
début de l’adoration, apostolats particuliers,
tâches de la maison. |
| 12 h00 |
repas |
| 13 h 00 |
sieste |
| 14 h 30 |
chapelet avec les enfants |
| 15 h 00 |
départ en apostolat et permanence |
| 18 h 30 |
Messe à la paroisse |
| 19 h 30 |
vêpres |
| 20 h 30 |
repas |
| 22 h 00 |
rendez-vous à Marie et complies |
Vie spirituelle
Comme en France, les prêtres sont peu nombreux et donc surchargés
de travail et difficilement disponibles. En plus des prêtres
honduriens, il y a des prêtres des Missions Etrangères
Canadiennes ; c’est pour nous une présence très
précieuse car ils parlent français !
Monseigneur Oscar-Andres Rodriguez est l’archevêque
de Tegucigalpa. Nous ne l’avons rencontré que sept
mois après notre arrivée car il est très occupé
par ses responsabilités diocésaines, mais également
parce qu’il est président de la Conférence épiscopale
d’Amérique Latine.
Padre Tony Salinas est le curé de notre paroisse San José
Obrero. Il a également la charge de douze autres églises,
ainsi que de la pastorale des jeunes du diocèse. C’est
lui qui nous a chaleureusement accueillis et a facilité notre
installation par des dons de matériel, mais surtout en nous
prêtant une maison pendant six mois.
Le
Honduras est très marqué par le développement
de multiples sectes évangélistes. Dans notre quartier,
de très nombreuses personnes nous disent qu’elles sont
évangélistes et nous avouent qu’elles étaient
auparavant catholiques (elles sont parfois baptisées et ont
fait leur première communion). Seules des femmes déjà
âgées restent fermes et n’ont pas changé
d’Eglise.
Notre présence est très importante pour tous les catholiques
de notre quartier, car ils se sentent seuls et peut-être un
peu oubliés. Mais elle est aussi importante pour les évangélistes,
car leur changement d’Eglise vient peut-être du fait
qu’ils sont en recherche de Dieu et c’est sans nul doute
ces personnes qui nous posent le plus de questions : « Qui
est Dieu ? Pourquoi les sacrements ? Pourquoi notre dévotion
à Marie ? Pourquoi les saints ?… » On se rend
compte alors que nous sommes pauvres et que nous ne savons pas expliquer
quelle est notre foi, quelle est la richesse des sacrements…
Apostolats
Notre
apostolat est principalement dirigé en faveur des personnes
de notre quartier, afin de commencer une amitié
avec elle, mais aussi pour nous faire connaître. Ainsi, chaque
après-midi, nous nous promenons dans le quartier en jouant
avec les enfants, toujours demandeurs, et nous visitons les familles.
Les premières amitiés se sont très vite construites,
car les Honduriens sont des personnes très accueillantes
et généreuses.
En apostolat extérieur, nous allons visiter les
jeunes filles mineures en prison, et nous avons ressenti
l’appel de faire ces démarches, car elles ont soif
d’amitié, soif d’avoir des visites de personnes
qui ne viennent ni pour les endoctriner, ni pour les éduquer,
mais qui viennent seulement pour elles (parler de la vie, jouer,
se divertir).
Nous espérons recevoir l’autorisation de les visiter
chaque semaine. (Apostolat pour les filles).
Chaque samedi après-midi, nous visitons les sinistrés
du « Mitch » réunis sur la colline du
« Mogote ». Certaines familles sinistrées ont
envahi cette colline où il n’y a ni eau, ni électricité,
seulement des plastiques, des tôles et des morceaux de bois
pour maisons. Les enfants sont très marqués par le
manque d’affection et la pauvreté est extrême
; il est quasi impossible de faire des jeux collectifs, car chacun
désire seulement être dans nos bras et y rester tout
l’après-midi.
Les personnes qui nous aident
Elly
de Salinas : elle est à l’origine de l’installation
de Points-œur au Honduras. Elle nous a beaucoup aidés
pour notre installation matérielle et nous soutient par ses
prières et sa très grande dévotion à
Marie.
Ofélia, Elsa et Elisabeth : elles vivent ensemble, dans
la même maison. (Elsa et Elisabeth sont sœurs jumelles).
Nous les avons rencontrées alors que nous recherchions des
fonds pour construire la maison. Depuis, elles n’ont pas cessé
de nous aider dans quelques démarches que ce soit (rédaction
de lettres, visite chez les médecins, accompagnement en voiture…).
Elles sont également toujours partantes pour faire la fête,
se détendre et rire.
Dotora Varinia : elle est médecin et tient la clinique juste
en face de notre maison. Appréciant beaucoup notre «
travail », et voulant y participer à sa façon,
elle nous a proposé de recevoir en consultation gratuite
les enfants des familles les plus pauvres et les cas d’urgence.
Groupe de prière MIR : groupe qui se réunit chaque
mercredi soir, ainsi que tous les premiers samedis du mois. Il a
une dévotion toute particulière pour la Vierge de
Medjugorje. Elly de Salinas en fait partie et nous y a introduits.
L’ensemble du groupe nous a beaucoup aidés par des
dons matériels : casseroles, tables, chaises, lits, matelas,
etc. Tout ce que nous avons nous a été offert, même
les rideaux et les torchons. Nous avons également reçu
de nombreux dons financiers destinés à la construction
de la maison.
Missionnaires de la Charité : elles sont toujours disposées
à rencontrer les familles que nous leur présentons
et qui nécessitent une aide, principalement alimentaire.
Elles ont un groupe de catéchèse chaque samedi, près
du quartier, où nous leur amenons les enfants.
Par
ailleurs, elles nous ont aussi beaucoup donné : couvertures,
nourritures et de gros sacs de beignets pour les enfants à
l’occasion des jours de fête (inauguration, arrivée
de Juan…).
Dons divers : Le Honduras est un pays qui reçoit beaucoup
d’aides étrangères. Avec l’ouragan «
Mitch », les aides ont dépassé les besoins,
et des personnes connaissant notre apostolat auprès des enfants,
nous donné de la nourriture en grande quantité : haricots
rouges (6 cartons), farine (50 kilos), sucre (20 kilos), sardines,
jus de fruits… Mais aussi du savon (un carton), 50 serviettes
de toilette, dentifrice, brosses à dents…
Les Honduriens sont très généreux, et aujourd’hui
encore nous recevons des dons. Par exemple, le mari de la Docteur
Varinia (citée plus haut) nous fait apporter un carton de
« chunos » (chips) par mois, pour distribuer aux enfants.