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Présentation du pays
Généralités
Inde – Indicateurs statistiques (L’Etat
du monde 1997, éd. La Découverte)
Superficie : 3287590 km² (6 fois la France)
Langue : anglais (langue véhiculaire),
et 15 langues officielles (assamais, bengali, gujarati, hindi, kannada,
cachemiri, malayalam, marathi, oriya, pendjabi, sanscrit, sindhi,
tamoul, telugu et ourdou); on compte entre 3000 et 5000 autres langues
et dialectes.
Capitale : New Delhi
Monnaie : roupie (1 roupie = 0,15 F au 31.03.96)
Nature de l’État : république
fédérale (25 États, 6 territoires de l’Union
indienne)
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’État : Shankar Dayal Sharma
depuis le 16.07.92
Chef du gouvernement : H. D. Deve Gowda, depuis
le 28.05.96
Démographie
Population : 953 millions d’habitants (chiffres
de 1996, dernier recensement en 1991)
Densité : 284,6 habitants au km² (1995)
Taux de croissance annuelle de la population :
1,9% (1990-1995)
Taux de fécondité : 3,7 enfants
par femme (1990-1995)
Mortalité infantile : 82 % (1990-1995)
Espérance de vie : 60 ans (1990-1995)
Population urbaine : 26,8% de la population totale
(1995)
Enfants de moins de 15 ans : 35% de la population
(1994)
Personnes de 65 ans et plus : 5% de la population
(1994)
Analphabétisme : 48% des plus de 15 ans
(1995)
Economie
PIB : 278,7 milliards $ (1995)
PIB par habitant : 1290 $ (1994)
Croissance économique annuelle : 6,2 %
(1995)
Dette extérieure totale : 99 milliards
$ (1994)
Taux d’inflation : 9,7% (1995)
Commerce
Importations : 34,39 milliards $ (1995)
Exportations : 30,53 milliards $ (1995)
Histoire
Premiers sites découverts d’une civilisation urbaine
dans la vallée de l’Indus, dans l’actuel Pakistan,
en 2500 av. J.-C.
Expansion des Aryens au Nord de l’Inde au cours du premier
millénaire av. J.-C., agriculteurs, structurés en
tribus divisées en quatre castes souples selon leur métier.
Première unification impériale avec Ashoka, qui
règne sur l’empire du Magadha, au IIIe siècle
av. J.-C. Apogée de la culture tamoule.Échanges commerciaux
avec l’empire romain. Premiers contacts avec le christianisme
au Kerala (autrefois Malabar).
Deuxième grand empire au IVe siècle, avec les Gupta.
Le sultanat de Delhi devient capitale en 1206, les musulmans envahissent
le nord de l’Inde. L’empire mongol est fondé
en 1526 par Akbar le Grand, il sera morcelé en petits royaumes
au XVIIIe siècle.
Les Portugais créent une colonie commerciale à Goa
en 1500. D’autres compagnies arrivent, pour des échanges
commerciaux : les Hollandais, les Danois, les Français à
Pondichéry, et les Anglais, qui font peu à peu de
l’Inde leur empire depuis 1765, s’enrichissant au profit
des paysans.
Des révoltes surviennent et sont sévèrement
réprimées en 1857, 1885, 1905. Les Anglais s’imposent
par la force et la terreur jusqu’en 1947, date de l’indépendance
de l’Inde.
C’est la grande période du mahatma («Grande
Âme») Gandhi. Mais hindous et musulmans s’entretuent
au Nord quand ne peut être évitée la partition
de cette région avec la fondation du Pakistan.
À l’Est, la région deviendra l’actuel
Bangladesh. Nehru devient le premier Premier ministre de l’Inde
libre, jusqu’en 1964, date à laquelle lui succède
sa fille Indira Gandhi, assassinée par deux sikhs en 1984.
Rajiv Gandhi, fils d’Indira, reprend le flambeau jusqu’en
1991, année de son assassinat. Les conflits entre religions
sont de plus en plus graves. La mosquée d’Ayodhya est
détruite en 1992.
Drapeau et hymne nationaux
La signification des trois couleurs du drapeau national est la
suivante :
- l’orange représente l’hindouisme,
- le vert l’islam,
- le blanc les religions minoritaires,
- la roue bleue au centre est le Chakra, symbole du progrès
cosmique.
L’hymne national est religieux, il s’agit d’un
poème de Rabindranath Tagore qui honore la victoire au maître
des destinées de l’Inde; on le chante chaque matin
à l’école, lors du lever des couleurs.
Géographie
Le Point-Cœur est installé à Madras, capitale
du Tamil Nadu. 9 Millions d’habitants
Climat
Le climat est très chaud. Les températures sont
de l’ordre de 40°C l’été (avril-mai-juin).
La mousson, de octobre à décembre, n’est pas
trop violente.
Langue
Si l’on ne compte que seize langues officielles, il en existe
en fait deux cent vingt-cinq en Inde : langues indo-européennes
au Nord, langues dravidiennes au Sud : Le tamoul (langue du Tamil
Nadu) le Malayalam (langue du Kérala) etc. L’hindi
est la langue officielle, parlée surtout au Nord ; l’ourdu
est la langue des musulmans le telugu est aussi parlé par
d’autres voisins… À l’école, presque
tous les enfants apprennent l’anglais.
Nous avons décidé d’apprendre le tamoul. Il
est demandé d’étudier le plus possible avant
de partir, d’avoir bien assimilé au moins vingt leçons
de la bonne méthode VANAKAM. C’est une langue DIFFICILE
et il n’est pas aisé de trouver le temps d’étudier
au Point-Cœur. Apprendre le Notre Père, le Je vous salue
Marie et quelques chants simples.
La société indienne
Il s’agit d’une société patriarcale qui
existe depuis le deuxième millénaire avant Jésus-Christ.
La femme recevra un époux, à qui elle est donnée
vierge; elle devra lui obéir et rester fidèle.
Elle devient un objet d’échange entre les lignages
patrilinéaires : les hommes échangent leurs sœurs
et leurs filles avec celles d’autres lignages. Les fils restent
toute leur vie dans la maison de leur père où ils
assurent la continuité de la famille, tandis que les filles
sont données selon la volonté de leurs parents à
des familles étrangères. Au moment de la puberté,
la fille devient nubile, elle cesse de s’habiller en petite
fille, on choisit déjà pour elle celui qui deviendra
son mari.
Avoir un fils devient non seulement une obligation religieuse,
car le fils aîné est seul habilité à
accomplir les rites nécessaires au père défunt,
mais c’est aussi la condition sine qua non de l’existence
d’une famille en système patrilinéaire, tandis
que les filles, destinées à être données
ou échangées, sont beaucoup moins désirées,
du fait aussi de la dot.Il existe beaucoup plus d’infanticides
de filles que de garçons – selon les données
statistiques de ces dernières années, on compterait
93 filles pour 100 garçons.
Le mariage et la famille
Le mariage n’est pas une quête du bonheur, mais un
arrangement conclu entre les parents, qui ont le devoir de marier
leurs enfants afin d’assurer la perpétuation de la
famille.
Encore aujourd’hui, les fiancés se voient souvent pour
la première fois le jour de leur mariage. Le mariage traditionnel
est aussi un acte religieux irrévocable : il lie les époux
jusqu’au-delà de la mort, ce qui expliquait le suicide
des veuves, brûlées sur le bûcher de leur mari
(sati). Il y a aussi le mariage des hors caste devant un notable,
et le « mariage d’amour », célébré
également dans le temple, quand les jeunes se choisissent
librement, rompant avec leurs familles et leurs castes. Cela devient
plus fréquent dans les castes élevées.
Le divorce légal existe, mais il reste difficile en raison
de la dépendance économique de la femme. Pour échapper
à son mari, elle revient chez ses parents.
Les dots sont versées par la famille de la fiancée
à celle du fiancé. Surtout si l’on marie sa
fille dans une caste supérieure à la sienne, pour
lui assurer cette promotion sociale, il faut verser une dot très
élevée.
C’est un souci majeur dans toutes les familles du pays, bien
que la dot soit légalement interdite. Il y a en outre les
frais du mariage, somptueux : échanges de cadeaux, nombre
des invités, décoration florale, présence de
danseuses et de musiciens, richesse des vêtements. Même
les pauvres s’endettent pour toute leur vie. Normalement,
les veuves ne se remarient pas.
La grande famille indienne est très unie. Les liens les
plus forts sont ceux de la mère avec son fils, puis du frère
et de la sœur, plus que du couple. Les hommes mangent d’abord,
servis par les femmes. Ils vivent à l’extérieur
et participent à la vie publique. Les femmes sont dans leur
maison. La solitude des vieillards n’existe pas. « Vos
enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les enfants de vos rêves
» (Rabindranath Tagore). L’individu seul n’existe
pas.Il existe par son attachement à une famille, à
une caste, à une religion : à une communauté.
L’éducation
Avant cinq ans, l’enfant est un roi; de cinq à quinze
ans, c’est un esclave; après quinze ans, c’est
un ami. Le garçon doit observer avec une obéissance
absolue les règles de la famille et de la société.
Jusqu’à l’âge de quinze ans, sa liberté
sera de plus en plus restreinte. Il sera soumis à une discipline
de plus en plus sévère, que des sanctions physiques
(la baguette par exemple) sauront au besoin lui imposer.
La douceur apparente du caractère indien est faite de ce
modelage impitoyable de la personnalité. Mais le fils le
plus passivement soumis héritera inéluctablement de
l’autorité du père, et le fils aîné
conservera des prérogatives d’autorité sur ses
jeunes frères qui lui doivent le respect (ainsi les plus
jeunes frères ne parlent à leur frère aîné
que debout, comme avec tout supérieur).
Les filles au contraire restent avec leur mère, chargée
de leur transmettre les vertus féminines de soumission, de
docilité, d’effacement jusqu’au sacrifice. Experte
dans les tâches ménagères et vouée à
la procréation des enfants. La sexualité est une simple
fonction physiologique, comme la respiration, la digestion.
L’amour physique tient une grande place dans l’Inde
classique. Au VIIe siècle, l’institution brahmanique
des devadasi existait déjà : ce sont des danseuses
des temples qui offrent leur corps aux visiteurs pour les fêtes.
Cette pratique se maintint dans le sud de l’Inde jusqu’au
milieu du XXe siècle. À côté de cette
« prostitution sacrée », il y a encore des danseuses-prostituées
et des travestis qui font partie de la vie sociale à tous
les niveaux.
Toute manifestation d’amitié, surtout à partir
de quatorze ans, soulève beaucoup de réactions, parfois
mal interprétées. Il convient de faire attention,
garçons et filles.
Le système des castes
Le mot caste est d’origine portugaise. Le mot correspondant
est jati (naissance). C’est par sa naissance que l’on
appartient à une communauté. Les communautés
(tribus et castes) sont intégrées dans un système
social et économique hiérarchisé. On compte
des milliers de castes et de sous-castes. Elles ont pour origine
les classes sociales constituées au cours de l’Antiquité
classique. L’organisation s’est durcie en castes au
moment des varna (religion hindoue).
La structure des varna prend son origine dans le corps géant
d’un être nommé Purusha, qui possédait
les plus puissantes des essences, les mots du veda. Son corps servit
de chair cosmogonique, et de ses membres sortirent les quatre castes,
chacune jouissant d’une activité particulière
et d’une ligne de conduite.
Les brahmanes, caste sacerdotale, naquirent de sa bouche; les
kshatriya, caste des guerriers, de ses bras; les vaishya, caste
des agriculteurs, de ses cuisses; les shudra, caste des serviteurs,
de ses pieds, servant les autres castes en échange de leur
protection.
Les parias (paraiyar), Intouchables, sont en dehors de la classification
des varna (d’où hors castes), marginaux à cause
de leur impureté dans la société hindoue, appelés
par Gandhi, harijan (créatures de Dieu). Ils ont leurs propres
puits, ne peuvent entrer dans des temples brahmaniques, ont les
emplois les plus mal payés – par exemple les ouvriers
manuels ou koulis (« porteurs »). Autrefois, il leur
était interdit de porter des chaussures.
On doit prendre son conjoint dans un autre lignage, mais de la
même caste. On peut accepter de la nourriture de la main d’une
personne de même caste ou d’une caste supérieure,
mais on la refuse de toute personne de caste inférieure,
parce qu’elle est considérée comme impure. On
est irrévocablement attaché à la caste dans
laquelle on est né, sauf si l’on est exclu par manquement
à ses règles, et dans ce cas on tombe dans la masse
méprisée des hors caste.
Il existe un échange de services et de rétributions
entre castes (jati) : cet échange (jajmani) lie héréditairement
les familles et les castes. Ce système a assuré la
protection sociale des individus. Mais c’est un cadre sclérosé
qui enferme chaque individu dans un destin déterminé
et qui limite les initiatives. C’est peu compatible avec une
société moderne.
Le nom de la personne indique à quelle caste elle appartient,
son prénom à quelle religion. Le nom du village d’où
vient un homme, le nom de sa ville ou de sa localité en disent
long sur lui.
Des noms incroyablement élaborés comme Thirumalai
Kunnavakam Annantampillai sont une mine d’informations sur
la région d’un homme, son village, sa jati, sa parenté,
le nom de son père et bien sûr sa propre identité.
Pour réagir convenablement, il faut pouvoir situer l’autre;
le comportement à adopter dépend en effet de la position
respective dans la hiérarchie sociale de chaque interlocuteur.
Une conduite inadéquate à l’égard d’un
hôte est ressentie comme une insulte délibérée
à l’égard de son groupe d’appartenance.
Les sikhs, les musulmans et les chrétiens n’appartiennent
à aucune caste. Dans la constitution indienne, le système
des castes n’existe pas, mais dans la pratique c’est
totalement différent. Il y a des quotas pour les harijans
non-chrétiens : des places leur sont réservées
dans la fonction publique.
L’hindouisme
L’Inde est un État laïque. La religion dominante
est l’hindouisme : 83 % de la population. Les musulmans sont
11 %. Les autres religions sont minoritaires. Chez les hindous,
il n’y a pas de fête hebdomadaire. Chez les musulmans,
on n’ouvre pas les boutiques et l’on ne va pas à
l’école le vendredi. Selon l’État, le
jour chômé est le dimanche.
On connaît très peu de chose sur la religion des Dravidiens
: ils adoraient des représentations de la déesse mère
et de plusieurs divinités animales. L’arrivée
des Aryens (2000 ans av. J.-C.) marque les débuts de la tradition
religieuse connue sous le nom d’hindouisme.
Un « musée des religions », telle semble être
la seule façon de le décrire. C’est la seule
grande religion qui ne relève pas d’un fondateur spécifique,
et la seule qui n’ait pas de livre sacré comme unique
référence scripturaire.
On peut considérer le Rig Veda comme sa Bible personnelle,
ou attribuer cette valeur aux Upanishad ou à la Bhagavad
Gita. Ou bien encore, on peut se passer de tous les textes sacrés
et se proclamer néanmoins bon hindou. On peut adorer Vishnu,
Shiva ou d’autres dieux et déesses, ou bien on peut
ne pas adorer de divinité et méditer sur l’Esprit
suprême qui demeure dans le cœur de chacun.
Certains hindous vont au temple pour prier, pour adorer ou chanter
des chants dévotionnels. D’autres préfèrent
les rites de sacrifice. D’autres se baignent dans les fleuves
sacrés ou vont en pèlerinage. La même souplesse
peut être observée dans les théories hindoues
qui ont trait à la création ou à la nature
de Dieu.
Il existe environ trois cents fêtes en Inde. Le calendrier
hindou est lunaire, avec des mois de trente jours. Les fêtes
et les cérémonies sont l’occasion de voir surgir
des foires, des bazars, des spectacles de rue, des processions.
Les Aryens apportèrent avec eux un langage nouveau, le sanskrit,
qui leur permit d’exprimer des pensées sublimes en
un style somptueusement imagé dans des hymnes et des prières
magnifiques. La réunion des textes sacrés constitue
les quatre Veda (de la racine sanskrite vid, savoir). Les hymnes
védiques, composées entre 1600 et 1000 av. J.-C. s’adressaient
à des dieux et déesses que l’on regardait comme
les personnifications des forces élémentaires de la
nature. On croit que ces hymnes ont été composées
par des rishi (sages) qui ont reçu une inspiration divine.
Ces hymnes portent le nom de Shruti (entendu), pour les distinguer
des autres textes religieux ultérieurs, auxquels on se réfère
en tant que Smriti (ce-que-la-mémoire-a-conservé).
Les Veda sont considérées comme la source de l’hindouisme.
Bien que de nombreux dieux soient adorés, on les a toujours
regardés comme les manifestations d’un seul et unique
principe divin. Il y a une seule force dynamique animant l’univers
entier. Cela conduit à la perception profonde d’une
étroite parenté entre l’homme et la nature,
qui a toujours caractérisé la vie indienne.
Par leur singulier mélange de religion, de philosophie et
de poésie, les Veda ont induit une idée typiquement
indienne de la perfection : l’idée que l’homme
de sagesse doit savoir mêler la clarté intellectuelle
du philosophe, la foi du sage et le sens esthétique de l’artiste.
Le but ultime est moksha, la libération du cycle de la vie
humaine. Tant qu’on ne l’a pas atteint, on est tous
soumis au processus des renaissances. Les conditions de vie de chaque
naissance sont déterminées par les résultats
des actions (karma) accomplies dans les existences antérieures.
Il y a trois finalités immédiates et légitimes
: kama, le plaisir; artha, la richesse, la renommée; et dharma,
la vérité, la droiture. Les deux premières
sont subordonnées à la troisième. Le rythme
normal de la vie nous fait passer par quatre phases :
- celle de l’étudiant, qui requiert discipline personnelle
et abstinence ;
- celle du maître de maison, quand kama et artha prennent
tout leur sens ;
- celle du détachement ou du progressif retrait des problèmes
du monde ;
- et enfin la phase du renoncement quand on s’adonne à
une vie totalement spirituelle conduisant à moksha.
Le renforcement de l’autorité britannique en Inde
à la fin du XVIIIe siècle a exposé l’Inde
à de nouvelles influences venues de l’Ouest : le libéralisme
et l’humanisme occidentaux, le christianisme, la pensée
scientifique et la technologie. Dans cette situation nouvelle, l’Inde
a montré une fois de plus sa capacité d’assimiler
des éléments étrangers tout en conservant ses
valeurs fondamentales.
Histoire de l’Église en Inde
C’est l’apôtre saint Thomas qui évangélise
le Sud-Est de l’Inde, la côte Malabar, jusqu’à
son martyre en 72 à Mylapore, selon les Actes de saint Thomas,
apocryphe syriaque du IIe siècle, et selon les Traditions
des chrétiens du Kerala.
Cette Église se développe ensuite avec ses traditions
et sa hiérarchie unie à Rome.En 345, quatre cents
familles perses et un évêque arrivent : l’Eglise
syro-malabar, catholique, naît.
Au XVIe siècle, saint François-Xavier et les Jésuites
portugais missionnaires évangélisent et imposent le
rite latin.Il y a des persécutions contre les chrétiens
durant quelques années au milieu du XVIIIe siècle.
En 1776, les Missions Étrangères de Paris débarquent
dans le Sud et remplacent les Jésuites à la suite
de la suppression de la Compagnie de Jésus.
En 1844 commence la formation du clergé local diocésain,
grâce aux MEP. En 1887 a lieu la séparation des hiérarchies
catholiques : on distingue le clergé de rite latin et le
clergé de rite syro-malabar. En 1923 est nommé le
premier évêque latin indien.En 1930, une partie des
jacobites (séparés de Rome en 1660) revient à
l’Église catholique et constitue le rite syro-malankara.
En 1964, Paul VI se rend à Bombay pour le congrès
eucharistique international. En février 1986, Jean-Paul II
visite l’Inde.En 1988, tous les évêques sont
indiens. Depuis 1988, l’épiscopat lutte pour que les
Intouchables (Harijans : « fils de Dieu », ou Dalits)
hindous qui se convertissent à la foi chrétienne gardent
les mêmes avantages administratifs.
Aujourd’hui, on voit des attaques croissantes contre les prêtres,
les missionnaires, les chrétiens, surtout dans le Nord. La
dernière visite ad limina des évêques indiens
a eu lieu en 1995. En 1996, Jean-Paul II béatifie Alphonsa
Mattathupadathu (1910-1946) et Cyriaque Élie Chavara (1805-1871),
un prêtre carme syro-malabar fondateur d’une congrégation.
La tombe de Devasahayam Pillai, un laïc catholique martyrisé
en 1752, est un lieu de grand pèlerinage.Son procès
de canonisation est ouvert.
Les 15 millions de catholiques – 1,5 % de la population,
60 % des catholiques sont des Dalits – sont répartis,
surtout au Sud, sur 124 diocèses.
Il y a 6900 paroisses, 15600 prêtres, 70000 religieuses, 11000
institutions de bienfaisance comme des hôpitaux, des léproseries,
des hospices, des orphelinats, et 15000 institutions d’éducation
– jardins d’enfants, écoles, universités,
centres de formation professionnelle. Un vaste champ où les
valeurs chrétiennes sont communiquées. L’Église
indienne envoie de nombreux missionnaires, surtout en Afrique.
Les différents rites ne font pas toujours bon ménage.
Il faut prier pour l’unité de l’Église
en Inde. 68 % de vocations proviennent du Kerala et du Tamil Nadu.
Il y a quelques évêques Dalits dans le Tamil Nadu et
dans le Pradesh. Le Lourdes des Indes est à Velangani, au
sud de Madras.C’est une Vierge miraculeuse du XVIe siècle,
Notre-Dame de la Santé. Elle a sa basilique depuis 1689.
Sa fête annuelle, le 8 septembre, est célébrée
par tous dans toute l’Inde. De nombreuses guérisons
sont obtenues, y compris chez des non-chrétiens.
Qui est swami Abhishiktananda ?
Henri Le Saux est né le 30 août 1910 en Ille-et-Vilaine.
Il étudie au petit et au grand séminaire de Rennes,
puis devient moine bénédictin à l’abbaye
de Kergonan, et prêtre en 1935.
Il est conquis par la tentative de l’abbé Jules Monchanin
en Inde : « Une vie consacrée à la connaissance
et au service de l’Inde, orientée par un unique désir,
celui de l’incarnation du christianisme dans les modes de
vie, de prière, de contemplation propres à la civilisation
indienne. » Avec l’autorisation de son père abbé,
il quitte la France pour s’installer en Inde le 15 août
1948 en rejoignant l’abbé Jules Monchanin.
Moine errant, il prend le nom hindou de swami (maître, sacré)
Abhishiktananda (félicité de l’oint). Il partage
son existence entre des séjours solitaires dans des grottes
et la prédication de retraites à des religieuses.
En 1962, il se fixe dans un petit ermitage non loin des sources
du Gange.
À l’école des sages et des Ecritures de l’Inde,
il approfondit progressivement son intériorité, se
dépouille de tout ce qui l’encombre et arrive à
l’unification de lui-même. À la fois moine chrétien
et moine hindou, il reçoit des grâces d’illumination
avant sa mort le 7 décembre 1973, près d’Indore
où il est enterré. Certaines de ses lettres et des
extraits de son Journal ont été publiés.
Quelques années après, le père Bede Griffith,
bénédictin anglais, prend la relève et la direction
de l’ashram de Shantivanam fondé par le père
Le Saux. Il meurt en l993. Il existe une quarantaine d’ashrams
en Inde, surtout dans le Sud.
La vie quotidienne
L’Inde est un pays rural à 79 %, ce qui signifie que
540 millions d’habitants vivent dans 550 000 villages de moins
de 5000 habitants. Malgré des villes surpeuplées,
c’est l’échec de l’urbanisation.
La ville nouvelle a accueilli le déversement des émigrants
ruraux pauvres qui s’installent dans les slums.
Les autobus surchargés penchent du côté des
portes – la porte de devant pour les femmes, celle de derrière
pour les hommes, gare à ne pas se tromper! Les taxis sont
vétustes, les rickshaws nombreux, les vaches errent dans
les rues, dignes et respectées, on croise des vélos
en nombre, les piétons sont partout…
Le combustible des pauvres est la bouse de vache séchée
et les écorces de noix de coco.
Les gens ne s’invitent pas chez les uns et les autres, la
maison est un espace réservé à la famille.On
discute à l’extérieur, devant chez soi. On ne
s’invite dans les maisons qu’à l’occasion
des grandes fêtes.
Dans l’Inde ancienne, on s’habillait de vêtements
drapés, sans coutures, pour souligner et embellir les formes
du corps. Le sari en est le costume féminin le mieux conservé,
porté par toutes les femmes, excepté les musulmanes
et dans les tribus. Il est en coton ou en soie.
Dans le Nord, l’influence musulmane a introduit le penjabi,
comportant une longue tunique, la kamiz, et le pajama, pantalon
ample resserré aux chevilles. Un châle en laine couvre
les épaules. Les musulmanes, de noir vêtues, se couvrent
le visage. Le costume masculin est plus moderne : le chomin, une
pièce de coton blanc, ceint la taille et tombe jusqu’aux
pieds – autrefois, un homme de caste inférieure devait
se présenter avec le buste nu devant un supérieur.
Les musulmans préfèrent un tissu à carreaux,
le kaili.
Actuellement, beaucoup portent la chemisette et la veste droite,
et marchent nu-pieds. Le costume occidental est de plus en plus
porté par les étudiants dans les universités.
Alimentation
« Les hindous ignorent ce charmant plaisir de manger avec
des amis », à cause de la question de pureté
rituelle.
Les Brahmanes, supérieurs dans l’échelle des
castes, peuvent donner de la nourriture à tous. C’est
pourquoi ils exercent volontiers les métiers de cuisiniers
et de restaurateurs.
Quelqu’un d’impur qui regarde les plats les rend impurs.
C’est pourquoi l’on mange souvent seul, caché
des autres, parfois tourné vers le mur ! On mange avec la
main droite, sur des feuilles de bananier que l’on jette après
usage. Les hindous suivent des régimes alimentaires différents
suivant leur caste. L’alimentation strictement végétarienne
est celle des Brahmanes et des plus hautes castes : abstention de
viande, de poisson, d’œufs fécondés, remplacés
par du lait.
La production de viande est rare, d’autant qu’il est
interdit de manger vache et bœuf (excepté pour les hors
caste) et que l’on dédaigne le porc. La base de l’alimentation
est le riz.
Avec le blé, on fabrique des chapatti, galettes cuites
sur des plaques de fer.On consomme les millets en bouillies ou en
gâteaux par les pauvres. Oignons et ail, épices et
gingembre, coriandre, poivre noir, cannelle, chili (qui vient du
Mexique) et aromates, lentilles, pois, haricots ; fruits : mangues,
bananes, noix de coco, etc. Le biriani, le kabab viennent de Perse.
On sert souvent du lait caillé, on boit du thé ou
du café. L’excitant le plus courant est le betel, une
liane vivace : ses feuilles sont mêlées à la
noix d’arec (qui donne la couleur rouge), et l’on mâche
comme une chique, elle est vendue en petits sachets.
Des beignets de légumes frits sont l’accompagnement
des sambhar et du riz. La noix de coco est abondamment utilisée,
aussi bien dans la cuisson des nourritures que dans la confection
des condiments que l’on pile. Faits de riz fermenté
et de pâte de lentilles (dal), les dosa, les vada et idli
sont de bons en-cas.
S’il n’y a plus de grandes famines en Inde, si la mortalité
infantile a beaucoup baissée, il y a une sous-alimentation.
Il y a encore beaucoup de tuberculose et de paludisme. La médecine
traditionnelle indienne très courante utilise plantes et
minéraux. L’astrologie joue un rôle important
dans la vie quotidienne. Les astrologues forment une caste et sont
consultés fréquemment – mariages, procès,
économie… – : ils établissent l’horoscope
de chacun selon l’heure précise de sa naissance.
Les formes d’expression culturelle
Presque chaque jour de l’année, il y a une fête
quelque part en Inde. Phénomène inévitable
si l’on songe aux milliers de divinités, de saints,
de prophètes et de gurus.
Il n’existe pas de clivage entre le spirituel et le temporel.
La vitalité d’une foi religieuse profonde est rehaussée
par la célébration exubérante de la vie. Le
cortège coloré et bruyant se mêle au rite, le
plaisir spontané à la vénération.
Les fêtes deviennent des événements sociaux
importants : ce sont des occasions où l’on se rencontre,
où l’on échange des nouvelles, où l’on
négocie des mariages, où l’on savoure des friandises
traditionnelles.
Dans notre quartier, nous participons à la fête du
8 septembre. Il y a le culte de Durga, déesse guerrière,
et de Rama, une incarnation de Vishnu. En mars, c’est la fête
de Holi en l’honneur de la déesse Lakshmi : grand ménage
de printemps, décoration, on s’asperge de poudres (gulal)
de couleurs ou on pulvérise de l’eau colorée.
Il y a encore les anniversaires de Rama et Krishna, la fête
de Shivaratri en l’honneur du dieu de la sagesse, Ganesh.
Pongal et Sankranti marquent la fin de la mousson et le début
de la moisson. On brûle tout ce qui est usé. Les animaux
décorés sont promenés. Et encore la fête
des cerfs-volants, Dipawali, Good friday… Chaque temple hindou
a sa fête annuelle.
Dans l’hindouisme, il n’y a pas de prière vocale
dans les familles, mais une prière gestuelle : lampe à
huile, bâtonnets d’encens, puja, offrande de fruits
(prasad).
En Inde, la danse et la musique sont partout présentes,
animant et enrichissant les fêtes et les cérémonies,
réaffirmant la foi de tout un peuple dans son héritage.
La tradition des arts du spectacle plonge ses racines dans les antiques
textes fondateurs, les Veda, ou le rituel s’est manifesté
à travers la musique, la danse et l’art dramatique.
La religion, la philosophie et le mythe ne peuvent être séparés
de leurs formes artistiques. La danse et la musique ont des liens
indissolubles avec toutes sortes de cérémonies. Mariages,
naissances, maturité des filles, inauguration d’une
nouvelle maison ou d’une ville, accueil d’un hôte,
processions religieuses, récoltes, tout est une occasion
pour chanter et danser. Spontanéité, intuition créatrice
et joie sont l’âme de la danse et de la musique, et
la quête de tout artiste. « La clef de l’art,
ce n’est pas seulement de faire appel à la sensibilité
pour jouir d’un plaisir purement extérieur, c’est
de recourir à l’âme de l’artiste et à
celle du spectateur. »
L’artisan est toujours un artiste.
Le langage des couleurs. Chaque couleur possède sa tradition,
son contenu affectif et sa propre signification : le rouge est la
couleur du mariage et de l’amour; l’orange, la couleur
de la terre et du yogi qui renonce aux biens de cette terre; le
jaune, la couleur du printemps, des jeunes fleurs de manguier, des
essaims d’abeilles, des vents du Sud et du chant passionné
des oiseaux qui s’accouplent; le bleu, la couleur de l’indigo,
est aussi celle de Krishna, le jeune berger divin.
Il existe toute une gamme de tissus : tissage, broderie, aplat,
brocart, impression, peinture, teinture, lame.
L’Inde est un géant du cinéma. Confusion entre
l’imaginaire et le réel, il propose une surréalité
dans laquelle les spectateurs peuvent se reconnaître. Récits
moralisateurs qui exaltent les vertus traditionnelles : la bonté,
la fidélité à la famille, la chasteté.
Intrigues et sous-intrigues, chansons et danses : les acteurs se
contentent de mimer des chansons préenregistrées qu’interprètent
des chanteurs de play-back professionnels des coulisses.
L’Inde produit huit cents films chaque année, c’est
le plus grand producteur mondial. Une Nouvelle Vague indienne cherche
à changer le visage du cinéma indien.
Inculturation
Par le voisinage
L’inculturation se fait d’abord et surtout grâce
aux voisins, à la communauté de quartier, par l’amitié,
par l’échange mutuel et le désir d’apprendre.
De plus, la culture est différente d’un État
de l’Inde à l’autre, d’une caste à
l’autre, d’une famille à l’autre…
Il est bon de prendre appui sur les chefs de la communauté
locale.
Communiquer autrement
Un Indien ne vous dira pas toujours directement ce qu’il
pense, mais vous le fera comprendre d’une autre manière.
Donc, il faut être à l’écoute pour capter
le message. La parole n’est pas le principal moyen de communication,
mais c’est le regard. Ici, l’intériorité
ne s’exprime pas par des mots. Le non-dit a plus d’importance
que ce qui est dit. Même quand il ne sait pas, il répond
à votre question. Pour être plus sûr de l’information,
demander à une personne compétente, ou/et à
plusieurs personnes! Confirmer une invitation ou un rendez-vous
le jour même ou la veille, pour être certain!
Gestes
- Petit doigt levé = veut faire pipi;
- Number two = aller à la selle;
- Poing fermé agité de haut en bas = question à
poser;
- Agiter sa main ouverte = « je ne sais pas », «
il n’y en a pas », « il n’est pas là
»;
- Regrouper ses bouts de doigts = indique le chiffre 5 ou signifie
« un peu »;
- Les deux index crochetés l’un sur l’autre
= bagarre, conflit;
- Geste de mettre un collier = mariage;
- Toucher la narine = fille;
- Entrecroiser doucement ses doigts = amitié qui s’entremêle;
- Dodeliner de la tête = « oui », « d’accord
», « compris »;
- Caresser la mâchoire de l’autre avec ses deux mains,
puis les porter aux tempes et se faire craquer les doigts = signe
de grande affection, mais ne le faire qu’à un plus
jeune que soi.
- Ne pas montrer du doigt ni faire un salut de loin avec la main
gauche.
Les femmes
Le sari, très long, doit traîner par terre;
on ne montre pas ses jambes, ni sa poitrine. Nous avons choisi de
nous habiller à l’indienne pour éviter de choquer
par nos vêtements européens, trop découverts,
en portant la Chudida, et le sari les jours de fête. La femme
doit être très féminine : fleurs dans les cheveux,
bracelets, boucles d’oreilles, putu au front. Même les
femmes pauvres sont coquettes. Quand une femme devient veuve, elle
ne doit plus porter de bijou, ni aucun insigne du mariage. L’alliance
se porte au deuxième doigt de… pied ! Les hommes, même
les chrétiens, sont libres de porter des bijoux ou non. La
femme ne court pas, c’est indécent, ni ne joue aux
billes avec les garçons, etc. On doit se recoiffer quand
on sort de chez soi, et le soir pour accueillir son mari. Les cheveux
sont tirés en arrière, plaqués, enduits d’huile
de noix de coco – cela fortifie les cheveux et les protège
du soleil brûlant.
Quand on rencontre un ami garçon dans la rue, on ne fait
pas de longs discours en public ; il suffit d’adresser un
petit signe de tête ou de dire bonjour rapidement, mais sans
s’arrêter, ce qui est mal interprété.
Venir discuter à la maison, c’est plus convenable.
Il ne faut pas répondre aux jeunes garçons qu’on
ne connaît pas et qui nous hèlent dans la rue, ni leur
serrer la main. Une femme ne regarde pas un homme dans les yeux,
c’est une invitation malsaine.
Bienvenue
Les femmes tapissent la terre battue devant chez elles
avec de la bouse de vache diluée dans l’eau, les mardis
et vendredis matin, puis dessinent avec de la chaux blanche un Kolami
en signe de bienvenue.
Pour accueillir quelqu’un chez soi ou à l’occasion
d’une fête, on peut faire un puja pour la personne honorée.
Anniversaire
Jusqu’au baptême chrétien, ou jusqu’à
l’âge d’un an ou plus pour les hindous, le nouveau-né
est appelé paapa (bébé), ou amou. Lors d’une
fête populaire, on va porter une assiette de notre plat de
fête (biriani) aux voisins. Offrir la première part
du gâteau à ses parents ou à la personne la
plus respectable, puis aux amis, et aller en donner aux voisins.
Celui qui est fêté met de beaux habits, ou même
on lui en achète de nouveaux. Si c’est un enfant, il
offre des bonbons aux amis.
Fêtes
Importance de notre présence pour toutes les grandes
fêtes, comme les mariages, sinon l’on brise l’amitié.
Seulement pour les pauvres, on peut offrir un cadeau, simple et
utile. Pour le Point-Cœur, il est bon de créer de grandes
fêtes – comme l’anniversaire du Point-Cœur,
la fête patronale de l’Œuvre… – et
d’inviter les voisins, comme une famille, à ces fêtes.
Décès
Toujours aller prier quand une personne meurt dans le quartier.
Repas
Il est impératif de ne porter la nourriture à
sa bouche qu’avec la main droite, la gauche étant considérée
comme impure car réservée aux toilettes, pour nettoyer
la poubelle et tout ce qui est sale.
Asperger de goutelettes sa feuille de bananier qui sert d’assiette,
la refermer après avoir manger. Les invités mangent
d’abord, ceux qui reçoivent mangent après.
Laisser de la nourriture n’est pas une offense pour la cuisinière,
mais il vaut mieux n’en prendre qu’un peu ou mettre
ce qui est de trop, aussitôt servi, dans une autre assiette.
Dans la famille, les repas ne se prennent pas ensemble, mais chacun
à son retour d’occupations.
On se cache pour manger ou l’on tourne le dos aux autres.
Si quelqu’un arrive chez nous pendant le repas, il faut l’inviter
à manger ou à boire, ou bien lui dire de repasser
plus tard. Mais il n’est pas convenable de le laisser en notre
compagnie sans lui offrir quelque chose. Il est impoli de déranger
les gens quand ils mangent.
Invitations
Quand on invite ou que l’on est invité, il
faut d’abord refuser, cela est un signe de politesse. Il faut
que l’invitation soit renouvelée au moins trois fois
pour qu’elle soit vraie.
Quand on invite au Point-Cœur, il faut bien mentionner aux
invités de ne pas cuisiner et aller les chercher avant le
repas. Quand les gens nous invitent à manger au cours d’une
visite, cela signifie qu’il est temps de partir. Dans les
quartiers pauvres, on ne s’invite pas mutuellement à
manger (sauf pour les grandes occasions). Si l’on invite quelqu’un,
il se sentira obligé de rendre l’invitation. Quand
on est invité, on peut offrir fruits et gâteaux, ou
des fleurs pour mettre dans les cheveux uniquement (autrement, on
n’offre des fleurs uniquement aux dieux).
Quand les gens insistent pour qu’on les visite, c’est
le signe qu’ils nous aiment bien. Mais il est bon de ne pas
les habituer à trop de visites régulières,
il est préférable d’aller chez eux pour une
occasion, ou de s’arrêter en passant devant chez eux
s’ils nous appellent
Superstitions
Un point noir sur le front et la joue de l’enfant
empêche le mauvais esprit d’entrer en lui. S’il
n’a pas de point noir, il ne faut pas dire à la maman
que son enfant est beau, car cela attirerait le mauvais esprit !
Laisser la lumière allumée dans la maison –
au moins une veilleuse – quand la nuit tombe.
Ne pas demander du sel à sa voisine après sept heures
du soir. Ne pas réclamer ses dettes après la tombée
de la nuit.
On peut demander à voir le tali (ficelle jaune indiquant
le mariage sur laquelle est placée la dot) d’une femme,
mais si deux femmes sont présentes, elles ne peuvent montrer
leur tali respectif en même temps – le tali est toujours
plus ou moins caché sous le sari.
Éternuer attire le malheur.
Ne pas donner quelque chose dans l’embrasure d’une porte,
mais sortir ou entrer dans la maison.
Appartenance et signe religieux
Il n’est pas indiscret de demander à quelle
religion quelqu’un appartient. Porter une croix au cou ou
le chapelet au poignet n’est pas exagéré.
Les familles hindoues sont ravies si l’on prie avec elles
à la maison, après leur avoir demandé, et plus
encore bien sûr les familles chrétienne! Les inviter
aussi au Point-Cœur à nos temps de prière et
d’adoration. Souhaiter une bonne fête à nos amis
d’autres religions les jours de leurs fêtes.
Salutation
Pour les chrétiens : les mains jointes – «
je vénère le divin qui est en toi » –
au niveau du visage, on dit : « Dostrom » (la paix).
Pour les hindous : la main droite sur le cœur, on dit : «
Namaskar », ou pour les Tamouls : « Vanakham ».Pour
les musulmans : la main droite côté ouvert sur le front,
on dit : « Salam alekum. »
Comportement avec les enfants
Pour entrer en relation avec un enfant, en profondeur,
il faut connaître sa famille. La relation d’amitié
justifie l’autorité, il n’est pas besoin d’expliquer
trop, une fois suffit, puis imposer.
Les enfants ont besoin de discipline et de sentir les limites à
ne pas dépasser. Il faut savoir rester fermes et unis face
à cela en communauté. Il ne faut jamais revenir sur
ce que l’on a dit à un enfant. Pour le punir, l’exclure
du groupe.
Il ne faut pas punir des enfants devant d’autres enfants,
ni dans la rue devant d’autres parents, ni courir pour les
attraper par le bras. Il faut aller voir les parents tranquillement
chez eux, passer par le responsable du quartier. S’il y a
des problèmes avec un enfant, approfondir la relation avec
sa famille.
Il convient d’habituer les enfants et d’exiger d’eux
les formules de respect. Mais attention : nos formules à
nous, « merci », « s’il vous plaît
», ne se disent pas, cela s’exprime par un regard (cf.
plus haut).
Pendant le jeu avec eux, jouer tout simplement, être proches
d’eux, mais une fois le jeu terminé, retrouver une
relation adultes/enfants, avoir un temps/espace de jeu bien déterminé.
Pour embrasser un enfant, on lui pince la joue avec la main droite
et l’on embrasse ses propres doigts.
Art de vivre
Devant nous, les règles sociales tombent, ils ne
savent trop comment se comporter car l’on est Occidentaux.
Si l’on nous offre un cadeau : ne pas l’ouvrir devant
celui qui l’a offert. Par contre, il n’est pas impoli
de demander le prix de l’objet, ou bien c’est le donneur
lui-même qui dira combien il l’a payé!
Si les personnes que nous recevons chez nous nous offrent des
gâteaux ou des fruits, ne pas les partager avec les invités,
mais en offrir d’autres.
Quand on nous offre un plat cuisiné, rendre le plat non
lavé. Sinon, cela signifie que l’on coupe l’amitié.
Ne pas se moucher en public.Retenue et discrétion sont
une règle de conduite en public, plus encore parce que nous
sommes des Blancs, donc déjà fort remarqués.
Ici, les Blancs = argent, les femmes blanches = femmes faciles.
Dans une communauté féminine, dès qu’un
homme entre dans la maison, cela suscite des questions.
Ôter ses chaussures quand on entre dans une maison, un temple,
etc.
Quand on est assis sur une chaise, ne pas croiser les jambes,
ne pas les allonger devant quelqu’un de plus âgé
: c’est irrespectueux; de même à la chapelle
ou durant le chapelet.
Le penjabi est comme une jupe : il ne faut pas montrer les jambes.
Mettre le pan du sari sur l’épaule ou sur la tête
quand on entre dans une église.
Quand on bouscule quelqu’un, s’excuser en touchant
l’endroit heurté avec le bout des doigts de la main
droite et embrasser ses doigts.
Donner ou recevoir un objet uniquement avec la main droite.
Appeler les gens « annan » (grand frère) ou
« akka » (grande sœur), « amma », «
da. » ou « uncle ». Ne pas appeler quelqu’un
uniquement par son prénom, sauf les enfants. Avoir le sens
de la hiérarchie, du respect toujours dû à quelqu’un
de plus âgé.
Ne pas faire entrer les garçons qui nous visitent au Point-Cœur
dans la partie privée, espace réservé à
la communauté, séparé même pour les visiteurs.
Ne pas nettoyer les égouts nous-mêmes, ni les toilettes
bouchées, même la nuit, car c’est un travail
de caste inférieure.
On ne paie pas des ouvriers si le travail n’est pas totalement
et bien fini. Il est normal de donner 10-20 roupies de pourboire.
Au tank à eau, les femmes font la loi en criant fort! Ne
pas se laisser impressionner, ni se mettre en colère contre
elles, ce serait entrer dans leur jeu. Elles oublient vite leurs
accès (excès) de colère !