Ville
: Beyrouth (1,5 million dhabitants)
Quartier : Nabaa, à lest de Beyrouth
Fondé le : 15 mars 1992
Fête du Point-Cœur : 23 mars, bienheureuse
Rafqâ de Himlaya (Libanaise canonisée en 2001)
Situé à l’est de Beyrouth, Nabaa a traditionnellement
été la banlieue pauvre de la capitale. Avant la guerre,
ce quartier était habité par des chi’ites de
condition très modeste, pour la plupart ouvriers, petits
artisans ou petits commerçants.
En 1975-1976, les milices chrétiennes ont entièrement
vidé Nabaa de ses occupants musulmans. Le conflit dans le
Chouf (région montagneuse du mont Liban située au
sud-est de Beyrouth) entre Druzes et Maronites mit sur les routes
de nombreuses familles chrétiennes, rescapées des
massacres perpétrés par les Druzes et chassés
de leurs villages.
Toutes ces familles déplacées ont cherché
refuge à Beyrouth et c’est dans le quartier de Nabaa
que beaucoup d’entre elles se sont installées. Nabaa
a également accueilli un grand nombre de familles chrétiennes
chassées de la Bekaa, plus particulièrement de la
région de Baalbeck et du Sud. Les familles se sont regroupées
par village et l’on peut diviser Nabaa en deux grands sous-quartiers
: l’un constitué de familles venant de Damour (ville
du Chouf) et de ses environs, situé autour de la paroisse
de Mar Doumit ; l’autre constitué de familles venant
de la Bekaa, situé autour de l’église syriaque.
En 1990, Nabaa fut le théâtre de combats très
violents opposant les Forces Libanaises de Samir Geagea et l’Armée
libanaise du général Aoun (guerre inter-chrétienne).
Situé sur la ligne de front, du côté des Forces
Libanaises, Nabaa connut quatre mois d’enfer qui ont laissé
les traces douloureuses que l’on peut encore voir sur la plupart
des immeubles.
La plupart des nouveaux résidents de Nabaa ne s’y
sont pas installés dans l’intention d’y rester
longtemps. Tous nourrissent l’espoir de retrouver leurs compagnons
et leurs terres qui, pour beaucoup, étaient riches et vastes.
Mais c’est un provisoire qui dure longtemps. C’est pour
cette raison que l’on peut voir à Nabaa une multitude
de commerces ou d’ateliers précaires qui offrent aux
familles les ressources suffisantes pour subsister. Le niveau social
du quartier, globalement pauvre, n’est pas pour autant homogène.
Nabaa
est aussi un quartier où beaucoup d’arméniens
se sont installés depuis le génocide par les Turcs
en 1915. La culture est donc très présente autour
de nous par la langue, la politique (centre voisin de la maison)
et la religion (arméniens catholiques ou arméniens
orthodoxes).
Un grand nombre d’écoles et de communautés
religieuses sont présentes à Nabaa, autour de la paroisse
de Mar Doumit.
Une communauté de Petits Frères de Jésus (dont
deux frères français, père Roger et frère
Bertrand) habitent le quartier. Une communauté de sœurs
de la Charité de Besançon, des sœurs franciscaines,
une communauté de petites sœurs de Jésus et une
maison des sœurs du Rosaire (Maronites), sont proches également
du Point-Cœur.
En ce qui concerne les écoles, celles de Damour et de Salomé
sont des écoles d’état qui accueillent les enfants
les plus pauvres. Il existe aussi de nombreuses écoles privées.
La plupart des écoles chrétiennes ont un enseignement
majoritairement en français, alors que l’anglais domine
dans les écoles musulmanes et officielles.
La
maison
Nous avons la chance d’avoir une maison assez grande. En
fait, elle compte un rez-de-chaussée et un étage qui
correspondent chacun à un appartement habituellement.
Au rez-de-chaussée, se trouvent la salle d’accueil
où les enfants viennent jouer chaque jour, la chapelle assez
vaste pour que nos amis prient avec nous sans difficulté,
un petit salon où l’on range les affaires pour les
enfants ; la salle de bain des filles, la chambres des filles et
des WC.
À l’étage, il y a la cuisine assez grande
et claire, un palier, la salle de communauté où se
trouve une bonne bibliothèque, la salle de bain des garçons,
la chambre des garçons et une petite pièce servant
pour la lessive.
Enfin comme beaucoup de maisons libanaises, la nôtre possède
une terrasse sur le toit qui nous permet de jouir du soleil en toute
saison et d’y faire sécher le linge assez rapidement
!
La vie quotidienne
Voici l’organisation d’une «
journée-type au Point-Cœur Sainte Rafqâ,
quand il n’y pas d’imprévu !
(ce qui est rare bien sûr !) |
| 6 h 30 |
Messe à la paroisse Mar Doumit pour celui qui est
de permanence |
| 7 h 15 |
Laudes à la maison |
| 7 h 45 |
petit déjeuner (souvent l’occasion de revoir
le programme de la journée) |
| 8 h 15-30 |
chacun « vaque à ses occupations (cf «
apostolats), adoration (1 heure chacun à tour de rôle),
lessive, ménage, cuisine… et bien sûr accueillir
nos amis qui passent. |
| 12 h 30 |
repas suivi d’un temps de sieste/courrier |
| 14 h 30 |
chapelet avec les amis qui le souhaitent |
| 15 h 00 |
départ en visites chez nos amis et début de
la permanence (accueil des enfants à la maison |
| 18 h 00 |
messe à Mar Doumit pour ceux qui étaient en
visites |
| 19 h 00 |
vêpres à la maison |
| 19 h 30 |
dîner (souvent l’occasion de partager ce que
chacun à vécu dans la journée) |
| 21 h 00 |
rendez-vous à Marie et au « dodo » |
Apostolats
Les cours de récréation
Trois matins par semaine, nous nous rendons dans des écoles
pendant la récréation. Ainsi nous allons dans les
écoles du Sacré-Cœur, de Salomé et de
Damour.
Les enfants de 3 à 17 ans ont entre 15 mn et une demi-heure
de récréation pendant laquelle nous pouvons les rencontrer.
C’est souvent l’occasion de bonnes discussions, parfois
intenses (il ne faut pas perdre une seule minute du temps disponible
!), mais aussi de bonnes partie de jeux. C’est beau de voir
comme les enfants nous attendent d’une semaine sur l’autre.
Une fidélité impressionnante s’instaure au fur
et a mesure de nos visites.
Cet apostolat nous permet de rencontrer toujours davantage d’enfants
dont certains, par la suite, nous pressent de venir les visiter.
Nous pouvons aussi voir par-là la diversité des familles
qui habitent notre quartier.
Kahalé
Chaque mercredi après-midi, deux d’entre nous partent
pour le centre d’enfants de Kahalé. C’est un
centre où sont regroupés les enfants récupérés
la plupart du temps par la police alors qu’ils étaient
en train de mendier ou de vendre de petites choses sur les autostrades.
Avant, l’apostolat était d’aller les visiter
sur l’autostrade, maintenant qu’ils sont dans ce centre,
c’est là que nous les rejoignons. Ils nous attendent
toujours avec impatience. Petits et grands (de 2 à 17 ans)
nous accueillent à bras ouverts et réclament beaucoup
de tendresse. Nos après-midi avec eux sont donc faites de
jeux en tous genres, de calins, de discussions, de télévision….
De présence !
Ma
Semman
Un week-end sur deux, environ, nous partons à deux également
passer du samedi midi au dimanche après-midi à Mar
Semaan. Cet orphelinat se trouve en montagne au nord de Beyrtouth.
La Bas se trouvent des enfants pour certains orphelins, mais pour
beaucoup issus de familles à problèmes.
Là encore nous jouons, discutons, calinons. Chacun souhaite
nous avoir à sa table lors des repas. Tous sont en quête
d’affection. Nous nous retrouvons petits au milieu des petits.