Ville : commune de Navotas au nord-ouest de Manille
(1,7 million dhabitants)
Quartier : Dagat Dagatan, soit " pseudo-mer " car
un bras de mer entoure le quartier
Fondé le : 3 novembre 1993
Dagat Dagatan, notre quartier
En 1975, le squatters de Tondo, en bord de mer au Nord de Manille,
est affecté par les démolitions. Trois grands projets
d’infrastructures vont être mis en œuvre. Ate Alicia,
amie du Point-Cœur aujourd’hui, a alors 20 ans. Sa famille
est concernée, tout comme 27 000 autres.
Le gouvernement de Marcos propose de reloger tout ce monde en
province. Quoi de plus pratique que d’habiter à trois
heures de Manille, quand on a une petite entreprise familiale, un
emploi, bien souvent au port comme manutentionnaire, ou encore un
petit gagne-pain à Divisoria, le grand marché du Nord
de Manille? Comment pourraient-ils donc, ces milliers de pauvres,
se passer d’un tel vivier de petits emplois ? Le 27 novembre
1974, ils réclament au gouvernement, avec le soutien de l’Église,
le relogement dans les murs de la métropole, de préférence
au Nord.
On
propose alors d’exploiter cette zone de marais entre les deux
fleuves, limitrophe des villes de Malabon, Navotas, Calaocan et
Manila. Marcos promet et tient sa promesse. En 1986, cette même
année où il est renversé par la révolution
mariale pacifiste du peuple philippin, les 450 ha sont enfin assainis.
Dagat Dagatan est rehaussé, empêchant les inondations
des périodes de marée haute, et ainsi, le siège
des moustiques. Entretemps, ate Alicia s’est mariée
et s’est installée avec son mari en 1982, pas loin
de notre looban. À la fin de l’année, l’électricité
est mise en place. « Cette première nuit où
les gens ont eu l’électricité, les enfants jubilaient
au comble de l’excitation, dans les rues. Sous la lumière
des ampoules, on a discuté toute la nuit », se souvient
Alicia.
Au
début du Point-Cœur, en 1993, il n’y avait toujours
pas d’eau dans le quartier. Les hommes allaient remplir les
bidons ou réservoirs en tout genre a 800 mètres de
là. Depuis, le quartier s’est développé
et les pompes, manuelles d’abord, sont par la suite devenues
électriques.
Parallèlement, des améliorations ont eu lieu : les
ruelles ont été « cimentées »,
le camion de poubelles vient une fois par semaine (ce qui n’empêche
pas certains de continuer à nourrir la rivière d’ordures
d’animaux crevés), les maisons s’embellissent.
Toutefois, construit sur l’eau, le sol descend au fur et
à mesure, les remblais se tassent. De ce fait, la marée
haute produit régulièrement des inondations que les
averses de la saison des pluies amplifient en juin, juillet et août.
C’est sur cette terre que nous avons les pieds dans l’eau
parfois, et les yeux tournés vers les étoiles.
Apostolats extérieurs
- Visites aux enfants et familles dans deux bidonvilles proches
du Point-Cur : Tabing Ilog, le long de la rivière
proche du Point-Cur; Marcelo, proche du port de pêche
à vingt-cinq minutes à pieds.
- Visites aux enfants qui travaillent la nuit au port de pêche.
- Visites aux enfants handicapés ou abandonnés
chez les surs de Mère Teresa.
- Visite d'un prisonnier français à la grande prison
de Manille.