Les Points-Cœur dans le monde
> Sénégal
Point-Cur Sainte-Monique
Présentation
Ville : Dakar (1,2 million dhabitants)
Quartier : Grand Yoff, à 13 km du centre-ville,
situé au nord de la pointe du Cap vert
Fondé le : 13 mars 1993
Fête du Point-Cœur : 27 août, Sainte
Monique
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Historique du Point-Cœur
Après
une première visite de prospection en décembre 1992
du père Thierry accompagné de Christophe Rémond,
la première communauté s’installait en mars
1993. Internationale, elle était composée de Luis
Silva dos Santos (Brésilien), Mariela Escurra Sanz (Péruvienne),
Jorge Meneses (Colombien) et Odile Dutailly (Française).
Par la suite viendront Naji Kiwan (Libanais), Violaine Hüe
(Française), Joseph Diouf (Sénégalais) (rencontré
chez les frères de Taizé, qui s’occupent aussi
des enfants dans le même quartier).
Le Point-Cœur est alors situé dans une grande maison
du sous-quartier de Cité millionnaire, populaire mais où
le niveau de vie est somme toute correct. Si bien que les apostolats
s’orientent rapidement vers un quartier voisin appelé
Arafat, où de nombreuses personnes habitaient des baraques
en bois sans eau ni électricité, dormant parfois à
dix dans la même pièce.
Quelques essais d’apostolats extérieurs sont réalisés
: à la grande décharge publique de Malika où
quelques enfants travaillent, mais cela sera abandonné à
cause de l’éloignement; auprès des enfants des
rues de Dakar, abandonné depuis également; auprès
des femmes sérères qui travaillent durement au pilage
du mil, au marché du quartier des Parcelles assainies, auquel
se rendent Hélène Sambou – jeune Sénégalaise
qui a rejoint la communauté en octobre 1994 –, Noemi
Oroño (Argentine) et Anne Le Corff (Française).
Devant
la faible fréquentation à la maison et la différence
de niveau de vie avec la plupart de nos amis, il est décidé
de déménager le Point-Cœur au cours de l’été
1994 à Arafat, cœur de nos apostolats.
Peu à peu, la permanence y devient de plus en plus animée
et nos amis viennent régulièrement à la maison.
La communauté explore les différents sous-quartiers,
enracine sa présence, trouve sa place dans la paroisse et
met l’accent sur l’inculturation, apprentissage du wolof,
adoption du mode de vie sénégalais…
Au printemps 1995, les Amis des enfants sont durement éprouvés
par le décès de la maman d’Anne Le Corff, venue
avec son mari lui rendre visite.
En août, Nicolas de Dinechin (Molokai), Anne et Hélène
emmènent une vingtaine d’enfants du quartier participer
au camp-patronage des frères de Saint-Jean, dans le village
sanctuaire de Popenguine.
L’expérience
concluante a été renouvelée jusqu’en
1998. Après avoir quitté la communauté, Joseph
Diouf fonde un centre d’accueil et un foyer pour les enfants
de la rue, ainsi qu’une petite école primaire pour
les enfants du quartier. Ces apostolats ont ensuite été
abandonnés et remplacés par d’autres suite à
un changement de communauté. D’octobre 99 à
mai 2000, la communauté ne comptait que 3 membres : 3 filles,
dont 2 nouvelles.
Deux nouveaux apostolats extérieurs voient le jour en 1996
: la prison des mineurs, chaque semaine, et une participation aux
activités de Foi et Lumière en accompagnant des familles
d’enfants handicapés du quartier. Nous faisons aussi
régulièrement l’accompagnement des malades dans
les hôpitaux de Dakar et les centres médicaux de Grand
Yoff.
Notre quartier
L’agglomération de Dakar est implantée sur
une pointe située au milieu de la côte Atlantique.
C’est un port important et une porte d’entrée
essentielle pour cette partie de l’Afrique de l’Ouest.
La région vivait originellement de la pêche et du maraîchage
jusqu’au développement rapide de l’agglomération,
à partir des années cinquante. L’essentiel de
l’industrie, du commerce et de la population s’y trouve
concentré aujourd’hui.
Un afflux constant de populations, venant de l’intérieur
du pays à cause de l’exode rural, agrandit en permanence
(de manière spectaculaire depuis quinze ans) les quartiers
périphériques de la capitale, dont certains sont devenus
de véritables villes comptant plusieurs centaines de milliers
d’habitants.
La
sécheresse qui persiste dans le pays depuis 1975 cause la
désertification de la brousse et rend les cultures de moins
en moins productives. Des gens de toute ethnie et de toutes les
régions du Sénégal quittent donc leur village
d’origine et leur famille pour venir s’installer dans
l’un de ces quartiers, comme celui de Grand Yoff. D’autres
ont quitté la région Sud (la Casamance), entre autres
à cause des troubles qui l’agitent depuis plusieurs
années.
De par son université, ses hôpitaux et ses liens
importants avec l’Europe et la France en particulier, la capitale
sénégalaise connaît un brassage important de
populations d’Afrique occidentale, et reçoit aussi
un certain nombre de réfugiés.
Notre quartier, Grand Yoff, est le reflet de cette situation.
C’est un quartier périphérique de Dakar, mais
une vraie ville par sa population, situé au nord de la pointe
du Cap-Vert, à proximité de l’aéroport,
à environ treize kilomètres du centre ville.
Grand
Yoff a été branché sur l’eau courante,
l’électricité et même l’éclairage
public à certains endroits, mais la plupart des rues sont
en sable. 350 000 habitants y vivent sur une surface assez limitée
(on traverse le quartier de part en part en une demi-heure à
pieds), ce qui suppose une importante densité de population.
C’est donc un quartier populaire, mais le niveau de vie est
très varié selon les sous-quartiers.
Arafat, le sous-quartier où est installé le Point-Cœur
depuis septembre 1994, est la partie la plus pauvre. Au début
des années quatre-vingt, les parcelles de terrain se sont
construites de façon anarchique, sans qu’il y ait d’actes
de propriété légaux d’établis,
car elles avaient été vendues par les Lébous
(l’ethnie vivant sur place depuis longtemps) sans aucun papier
officiel.
Le gouvernement décida alors de tout raser à coups
de bulldozers, faisant tout perdre à de nombreuses familles,
dont certaines ne se sont toujours pas remises jusqu’à
maintenant.
Il y a de plus en plus de constructions, et dans les maisons déjà
existantes s’ajoutent 1, 2 voire 3 étages. Les baraques
en bois et tôle insalubres se raréfient.. Le danger
de voir surgir à nouveau les bulldozers semble aujourd’hui
écarté puisque le gouvernement a passé des
accords avec la collectivité locale pour officialiser les
titres de propriété des parcelles occupées.
Leur valeur augmente donc de plus en plus, ce qui se répercute
aussi sur les loyers, si bien qu’il devient de plus en plus
difficile pour les familles démunies de demeurer à
Grand Yoff. Nombreuses sont celles qui partent encore plus loin
dans les nouveaux quartiers aux loyers plus abordables.
S’installer dans un tel quartier est une chose difficile
pour toutes ces familles lorsqu’elles quittent leur village
d’origine. Il leur faut quitter tout ce que le village offre
comme garanties et comme stabilité pour élever les
enfants et manger chaque jour.
D’autre part, pour un Africain il est toujours déstabilisant
de perdre le soutien de sa famille élargie puisqu’il
existe en son sein un système d’entraide fort efficace.
En
arrivant à Dakar, la famille ne court pas seulement le risque
de se retrouver seule, mais elle doit encore apprendre une nouvelle
langue, le wolof, langue véhiculaire peu utilisée
dans les diverses régions du pays.
Les hommes ne peuvent pas utiliser leur savoir-faire d’agriculteurs
et se retrouvent la plupart du temps sans travail. La protection
sociale étant quasi inexistante, ils pourvoient tant bien
que mal aux besoins de leur famille par un travail de journalier
au port de Dakar, ou dans l’une des usines à la périphérie
de la ville, ou sur des chantiers de construction, ou encore comme
tailleurs ou gardiens de nuit. Les femmes, de leur côté,
louent leurs services dans des maisons plus aisées comme
bonnes ou bien pour laver du linge.
Les familles du quartier sont donc à la fois déracinées
(les enfants nés ici ignorent en partie leur langue et leur
culture d’origine, les parents ayant quant à eux du
mal à s’adapter à une société
urbanisée dans laquelle ils ont perdu leurs repères)
et soumises à l’incertitude du quotidien. Les conséquences
sont bien sûr très lourdes pour ces familles, qui subissent
les fléaux du chômage, de l’insécurité,
de la violence, du divorce…
L’ancien GRAND Yoff compte environ 25 % de chrétiens,
(il s’agit de la communauté chrétienne la plus
dense de l’archidiocèse de Dakar et d’une des
plus nombreuse du Sénégal) pour la plupart catholiques
(soit
près de 37 000 personnes pour une seule paroisse), ainsi
que des protestants et des sectes en tout genre qui prolifèrent
depuis quelques années (moyenne nationale : environ 10 %).
Il subsiste encore un peu d’animisme (bien que ce soit surtout
dans les villages). Mais la grande majorité de la population
est musulmane, répartie entre diverses confréries
religieuses (mouride, layenne, tidjane).
Le respect inter religieux qui prédomine pour l’instant
est un exemple pour de nombreux autres pays, d’Afrique notamment.
La maison
Elle comporte six pièces : trois chambres, une salle communautaire,
un oratoire, une petite cuisine. Plus des toilettes à la
turque, un coin douche sans douche car on se lave avec un seau d’eau
et un pot, une cour dans laquelle se trouve l’unique robinet
d’eau.
La vie quotidienne
| Horaires |
| 6 h 30 |
Lever |
| 7 h 00 |
Messe |
| 7 h 45 |
Laudes suivies du petit-déjeuner |
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Pendant la matinée, adoration (chacun une heure)
précédé 2 fois par semaine de nettoyage
de la maison (récemment du carrelage à été
posé par le propriétaire) Le matin, la porte
est ouverte après le petit déjeuner ou après
le nettoyage. |
| 13 h 30 |
Repas suivi de la sieste |
| 15 h 00 |
Une dizaine de chapelet en communauté avant de
partir pour les apostolats |
| 15 h 30 |
Chapelet avec les enfants |
| 16 h 00 |
Départ en apostolat, suivies des tâches
communautaires (bali, nettoyage de la douche et des WC |
| 20 h 00 |
Dîner (quand il est prêt ! ! ! !) |
| 22h00-22h30 |
Complies |
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Pendant l’hivernage (de juillet à octobre),
nous avons la messe à 18h30, et nous nous levons
donc pour les laudes à 8 h du matin.
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Apostolats exterieurs
La décharge de Malika
Apostolat commencé par Estelle et Luis en août 2001.
Ce fut un peu difficile au début de nous faire accepter,
d’autant plus que nous sommes des « toubabs »
(blancs).
Ils se demandaient ce que nous venions faire. Nous avons peu à
peu gagné leur confiance, puis leur amitié. Il reste
encore des personnes qui ne comprennent pas le sens de notre venue
mais c’est comme partout et nous avonns lié de très
fort liens d’amitié avec beaucoup de gens qui travaillent
et parfois vivent à la décharge.
Nous partons le matin après les laudes. Il y a à
peu près une heure de transport. Une fois sur place un camion
poubelle nous emmène au cœur de la décharge là
ou des dizaines de personnes, hommes, femmes, jeunes enfants, personnes
âgées fouillent les ordures déversées
par les camions à la recherche de métal, de bois,
de tissus, de reste de nourritures pour les cochons, de boîtes,
des flacons, etc… Nous les aidons parfois dans leurs recherches,
sinon nous restons avec les femmes qui, sur la décharge vendent
sandwichs, cacahuètes, eau, cigarettes et où tous
viennent s’approvisionner.
Ensuite
nous descendons au village bidonville situé en contrebas.
C’est là que les produits sont triés, recyclés
et que les travailleurs viennent déjeuner, car chaque jour
des femmes cuisinent des grandes marmites de « Tiéboudiène
» et vendent pour 200 FCFA une assiette.
Notre tour terminé nous rentrons vers 14 h 30 en camion
poubelle, l’occasion pour nous d’être une présence
auprès de ces chauffeurs qui sont aussi méprisés
pour leur métier.
Hôpital de FANN
Apostolat débuté en janvier 2000 par Miral, Estelle
qui voulaient mener un apostolat auprès des enfants malades,
et le 1er directeur d’hôpital visité, à
accepté.
On visite le pavillon des enfants malades de 10-15 ans. On apporte
des feuilles et des crayons de couleurs et on dessine avec ces enfants
qui outre leur maladie, s’ennuient dans un cadre triste et
sale. C’est également l’occasion de rompre la
solitude des familles venues veiller un membre.
En effet, les mères sont souvent jour et nuit auprès
de leurs enfants. Pendant que ceux-ci colorient, on échange
quelques mots avec elles. Souvent même si cet apostolat se
fait tous les 15 jours, on retrouve les mêmes enfants à
plusieurs visites de suite.
Parcelles
Au marché de Parcelles, nos amies, d’origine Sérère,
nous attendent au milieu de leur travail : elles pilent du mil,
10 à 20 kg par jour pour le revendre le lendemain avec une
marge de 25 à 50 FCFA le kg.
Par ailleurs, elles font aussi la lessive, le repassage ou le
ménage chez des gens plus aisés du quartier ce qui
leur permet d’acheter au moins le mil.
La majorité de la population de Parcelles sont des femmes
et des enfants qui sont venus du village pour être
proches
de leurs maris et de leurs pères qui travaillent à
Dakar, mais ils n’habitent pas avec eux.
Durant la saison des pluies (juillet à octobre), certains
retournent au village travailler aux champs.
Nos amies habitent des cabanes en bois de 2 mètres sur
2, froides l’hiver et étouffantes l’été.
Sur place il n’y a ni sanitaire ni robinets d’eau.
Malgré l’espacement de nos visites (tous les 15 jours),
de grandes amitiés se sont tissées avec certaines
d’entre elles. Nous nous asseyons avec Amy Kan, Wouly Gireye,
Yaayu Cheibeh … pour écouter leurs problèmes,
parler des choses les plus quotidiennes, rires de leurs histoire
et surtout être une présence du Dieu Père et
Consolateur par notre amitié sincère dans leur solitude.
Nous réservons également du temps pour les enfants
avec lesquels nous jouons à côté des cabanes.