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Présentation du pays

Généralités

Sénégal – Indicateurs statistiques (L’Etat du monde 1997, éd. La Découverte)

Superficie : 196200 km²
Langues : français (langue officielle), wolof, sérère, peul, dioula, etc.
Capitale : Dakar
Monnaie : le franc CFA.1 F = 100 FCFA. En wolof, on utilise la base 5 pour le commerce. On dira 5 pour 25 FCFA, 100 pour 500 FCFA, etc. Dans notre quartier, un homme qui travaille comme ouvrier gagne environ 50000 FCFA par mois. Un instituteur bien payé a un salaire mensuel d’environ 100000 FCFA.Un kilo de riz coûte 210, 220 FCFA.
Nature du régime :
présidentiel
Chef de l’État : Abdoulaye WADE, depuis mars 2000

Démographie

Population : 8,5 millions d’habitants (en 1996, dernier recensement en 1988)
Densité : 42,4 habitants au km² (1995)
Taux de croissance annuelle de la population : 2,5% (1990-1995)
Taux de fécondité : 6,1 enfants par femme (1990-1995)
Mortalité infantile : 68‰ (1990-1995)
Espérance de vie : 49,3 ans (1990-1995)
Population urbaine : 42,3% de la population totale (1995)
Enfants de moins de 15 ans : 45% de la population (1994)
Personnes de 65 ans et plus : 3% de la population (1994)
Analphabétisme : 66,9% des plus de 15 ans (1995)

Economie

PIB : 4,95 milliards $ (1994)
PIB par habitant : 1660 $ (1994)
Croissance économique annuelle : 4,5 % (1995)
Dette extérieure totale : 3,67 milliards $ (1994)
Taux d’inflation : 5,5% (1995)

Commerce

Importations : 1,32 milliards $ (1995)
Exportations : 0,68 milliards $ (1995)

Géographie

Le Sénégal est divisé en cinq régions naturelles :

  • La région maritime ou sud-canarienne s’étend le long de l’Atlantique de Saint Louis à la Gambie. Jusqu’à Dakar, la côte est formée d’alignements de dunes. Plus au sud, le littoral est coupé par la presqu’île volcanique du Cap Vert où s’abrite e port naturel de Dakar, considéré comme le meilleur mouillage de toute l’Afrique.
  • La zone subtropicale de la Basse Casamance est une région aux dimensions réduites où s’est développée une agriculture riche et variée : riz, mil, maïs, nombreux fruits…
  • Vers le nord et le nord-est, la forêt fait place à la zone soudanienne, paysage de savane arborée, parsemée de rôniers, d’épineux et de basbalas.
  • Au nord-est de la région précédente s’étend le Ferlo, vaste territoire de steppe semi-désertique.
  • Entre ce dernier et le fleuve Sénégal, c’est le Sahel (en arabe, rivage) zone intermédiaire entre la steppe et le désert du Sahara. Le climat y est chaud et sec, avec des températures atteignant 46 °C en mai.

Climat

Au Sénégal, l’année compte deux saisons : la saison des pluies et la saison sèche. La première dure normalement de juin à octobre, mais en réalité bien au-delà. Elle est caractérisée par des pluies très abondantes et une température pouvant atteindre les 50 °C dans les terres, 35-40 °C à Dakar.

Ces pluies ont toujours un mois d’avance dans le Sud du pays. C’est un moment important puisqu’il marque le retour au village pour les cultures. La saison sèche s’étend sur le reste de l’année : il pleut très rarement et la température peut descendre jusqu’à 8-10 °C.

Histoire

On ne sait rien des origines du Sénégal, sinon qu’elles se perdent dans la nuit des temps. Quant au nom même du pays, certains linguistes estiment qu’il viendrait du wolof (langue véhiculaire du Sénégal – suñu gal, qui signifie « notre pirogue »).

Du IIe au XIe siècle, c’est l’empire du Ghana qui occupe en grande partie le territoire de l’Afrique de l’Ouest. C’est un empire prospère, peuplé de Peuls, de Wolofs et de Sérères, de religion animiste. Il sera renversé par les Almoravides, venus du Sud marocain, et par les Toucouleurs, dont le chef peul Wara Oyobé, vassal du Ghana, s’est converti à l’islam avec une grande partie de la population et a fait sécession.

Vers la fin du XIIe siècle, un second empire noir surgit, celui du Mali, appelé aussi empire Malinké. C’est en 1312, sous le règne de Kaskan Moussa, musulman pieux et sage, que l’empire atteint son apogée, s’étendant de l’océan Atlantique à Agadès, et de la forêt guinéenne au cœur du Sahara.

Ensuite, c’est la décadence, les Malinkés s’enfuient en Casamance d’où ils ne bougeront plus. Au XIIIe siècle, l’empire du Djolof leur succède, couvrant le centre du Sénégal. Cet État sera le creuset de l’unité culturelle des Wolofs, qui forment aujourd’hui le plus important groupe ethnique du pays.

Au XVe siècle, des colons portugais s’établissent à Gorée, baptisée alors Palma, qui sert bientôt de relais pour les caravelles en route vers les Indes et le Brésil. De là, ils ouvrent des comptoirs commerciaux dans les principaux villages côtiers.

Au XVIe siècle commence la traite des esclaves, qui s’amplifiera jusqu’au XIX e. En 1617, les Hollandais achètent Palma et la rebaptisent Goede Reede (Bonne Rade), qui, par contraction, donnera Gorée. 1626-1659 : fondation de la future ville de Saint-Louis par les Français. À la fin du XVIIe, Gorée est prise par les Anglais, évincés à leur tour par les Français.

De 1758 à 1814, Gorée et la concession royale du Sénégal (Saint-Louis) sont l’objet de la compétition toujours indécise entre la France et l’Angleterre. La Compagnie des Indes Occidentales, à laquelle ont été cédés de nombreux bâtiments, connaît un essor extraordinaire grâce à son commerce triangulaire.

Le 30 mai 1814 est signé le traité de Paris, qui donne définitivement le Sénégal à la France, c’est-à-dire Gorée et Saint-Louis. En 1848, abolition de l’esclavage. De 1854 à 1865, Faidherbe devient gouverneur de la colonie et entreprend la réunification des minuscules royaumes rivaux (Kayor, Walo, Sine, Fouk) qui avaient subsisté jusque-là.

Il décide aussi de relier Saint-Louis à Dakar qui vient d’être fondé. La voie devra permettre l’évacuation de l’arachide, dont la culture ne cesse de se développer depuis 1840.Faidherbe conquiert les royaumes du Djolof et de Kayor, et peut enfin se consacrer à la mise en valeur de la colonie.

1895 voit la création du gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française (AOF). À partir de cette période, Dakar connaît une grande expansion, tandis que Saint-Louis se dépeuple considérablement. En 1916, suite à l’engagement de Sénégalais dans la guerre de 1914-1918, on vote une loi accordant le statut de citoyens français aux habitants des quatre communes de Dakar, Saint-Louis, Gorée et Rufisque.

Le 25 avril 1946, la loi Lamine Gueye est adoptée. Il y est stipulé que « tous les ressortissants des Territoires d’Outre-Mer ont la qualité de citoyens, au même titre que les nationaux français de la Métropole ou des TOM ».

Le 27 octobre, la IVe République institue l’Union française : le Sénégal est partie intégrante de la République française.

1956 voit le vote d’une loi-cadre créant huit États semi-autonomes en AOF, dont le Sénégal. En décembre 1958, Léopold Sédar Senghor crée la Fédération du Mali, regroupant le Sénégal, le Soudan, le Niger et la Haute Volta. Le 20 juin 1960 est signée l’indépendance du Mali, duquel s’étaient retirés le Niger et la Haute Volta. Deux mois plus tard, le 20 août, le Sénégal se proclame indépendant de la république du Mali, dont le Soudan garde le nom. Senghor est élu président de la république du Sénégal.

Peuples

Le Sénégal est un véritable carrefour humain où peuples, langues, religions et traditions n’ont cessé de se croiser, au point que sur une carte la République apparaît comme une mosaïque d’ethnies, quelquefois apparentées, mais toujours fort typées.

  • Les LEBOUS : Certains ont pris racine à Dakar, tandis que d’autres se sont implantés sur la côte du Nord. Ils sont réputés pour être de grands cultivateurs et pêcheurs en mer.
  • Les WOLOFS : Ils représentent presque les deux cinquièmes de la population et vivent surtout au Bas-Sénégal, dans les régions de Dakar, Louga, Thiès, Diourbel et Kaolack. L’agriculture constitue leur activité principale, et leur langue, le wolof, est utilisée comme langue véhiculaire du pays.
  • Les SERERES : C’est la deuxième ethnie du Sénégal. Ils peuplent principalement la région de Thiès, la Petite Côte et les abords de la Gambie. Ils sont connus pour être d’excellents cultivateurs. De nombreux Sérères se sont convertis au catholicisme.
  • Les PEULS : Ils forment un peuple très fier, au teint clair, qui se rencontre dans toute l’Afrique occidentale. Au Sénégal, on les retrouve surtout dans le Nord-Est du pays, appelé le Fouta, ainsi qu’en Haute-Casamance. Ils sont avant tout des pasteurs, qui se déplacent avec leurs troupeaux, dont l’importance confère le prestige social.
  • Les TOUCOULEURS : Issus vraisemblablement d’un métissage entre Sérères et Peuls dont ils sont extrêmement proches, les Toucouleurs se regroupent principalement le long de la vallée du fleuve Sénégal. Ce sont d’excellents éleveurs de gros bétail, mais ils ont de plus en plus tendance à émigrer vers les villes.
    Premiers Sénégalais gagnés par l’islam, ils en sont vite devenus les zélés propagandistes, imposant par l’épée la nouvelle croyance à la plupart de leurs voisins. Les Peuls et les Toucouleurs, généralement assimilés par la proximité de leurs coutumes, leur origine (Fouta) et leur langue commune, sont considérés ici comme constituant la race noble du pays.
    Il s’ensuit un certain flegme naturel (ils aiment passer des heures à se prélasser sur leurs nattes, à palabrer autour du thé… ), parfois source de grands problèmes. Ainsi, certaines femmes qui vivent dans des conditions très précaires refusent de louer leurs services à d’autres personnes, leur statut social le leur interdisant implicitement.
  • Les DIOLAS : Ils occupent la Basse-Casamance et se subdivisent en plusieurs sous-groupes. Ils sont proches des Sérères. Comme eux, une partie s’est convertie au catholicisme, les autres étant restés profondément animistes. Ce sont d’excellents riziculteurs et ils tirent une grande partie de leurs ressources de la forêt.
    À côté de ces principales ethnies, il en existe encore bien d’autres que nous n’aborderons pas : Mandingue, Bassâri, Bambara, Maure, Ndiago… Il faut ajouter qu’en plus de ces nombreuses ethnies, le Sénégal compte une forte communauté française et syro-libanaise. Ces derniers sont les descendants de migrants qui, se rendant en Amérique du Sud, ont fait escale à Dakar, s’y sont plu et s’y sont installés. Ils forment une communauté puissante et très prospère qui a la mainmise sur tout le moyen commerce.

Langues

À chaque ethnie correspond une langue, ou même plusieurs. Il en est ainsi chez les Diolas, qui ne se comprennent pas toujours entre eux. En raison du melting pot culturel qui caractérise le Sénégal, il est fréquent qu’une personne parle trois, quatre, voire cinq langues différentes. La langue officielle est le français, et la langue véhiculaire le wolof. Dans notre quartier, nombreux sont ceux qui ne parlent ni ne comprennent le français.

Religions

Musulmans : 80 % ; catholiques : 5 % ; protestants : 5 %. Les vieilles croyances animistes se maintiennent partout, même chez les musulmans et chez les chrétiens.
L’islamisation du pays a débuté au XIe siècle avec l’arrivée des Almoravides, moines guerriers berbères sahariens. Mais, malgré leur dynamisme, ils ne parvinrent pas à faire pénétrer l’islam dans les masses sénégalaises.

Il fallut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour cela, avec l’apparition des grandes confréries musulmanes, notamment celles des Mourides et des Tidjanes. Les premiers (en arabe, mouride signifie « aspirant, novice ») sont les disciples du marabout Amadou Bamba, à la fois saint homme, apôtre et militant politique. Le succès du mouridisme s’explique en partie par le fait qu’il assimile à l’islam certaines valeurs traditionnelles de la société wolof, par exemple il sanctifie le travail.

Le catholicisme a été propagé par les missionnaires portugais en Casamance, suivis des prêtres français.

Malgré l’islam et les missions catholiques, les griots (conteurs, musiciens virtuoses, magiciens, sorciers, sages, médecins, envoûteurs, prêtres… ) et les marabouts conservent toujours leur pouvoir, dirigent les rites funéraires, intercèdent auprès des « forces », prophétisent, protègent à l’aide de gris-gris et d’amulettes que leurs fidèles doivent porter en permanence.

Inculturation

Un si vaste domaine : L’inculturation en terre africaine est une tâche toujours nécessaire et à la fois assez délicate, tant il est difficile de saisir ce qu’est la culture africaine.

Tout y est profondément différent : la façon de s’exprimer, la notion de groupe, l’éducation, la structure de la famille, le rapport au spirituel et aux choses invisibles, l’argent, la place de l’homme et de la femme, la notion du temps, le rôle de la nourriture, etc. Il est impossible de résumer tout cela en quelques lignes, mais on peut évoquer seulement les quelques domaines auxquels nous nous sommes particulièrement trouvés confrontés.

Culture musulmane : La religion musulmane étant largement majoritaire, on comprend que ses modes de vie imprègnent profondément la culture, même chez les chrétiens. Ainsi la religion a-t-elle une importante fonction sociale; elle doit se concrétiser par des rites, même s’il n’y a pas d’adhésion du cœur.

C’est une religion de groupe, pas une religion personnelle. Conséquence du respect des rites, toute la vie est rythmée par les devoirs du croyant : arrêt des activités au moment des cinq prières quotidiennes – marquées par l’appel du muezzin –, importance du ramadan – jeûne strict de trente jours, du lever au coucher du soleil –, etc. Le musulman est d’abord celui qui est soumis à Dieu, ce qui entraîne un certain fatalisme dans la vie courante.

L’abandon à Dieu se traduit souvent en paroles par la célèbre formule : « Inch Allah! » Ceci s’accompagne également d’une totale soumission au pouvoir religieux, et d’une obéissance certaine au pouvoir politique.

Le rôle premier de l’homme est affirmé, dans la cité comme dans la famille. Certains musulmans pieux ne serrent pas la main aux femmes. De même, la polygamie est largement répandue, malheureusement aussi chez certains chrétiens.

Certains rites tirent leur origine à la fois de l’islam et de l’Afrique, pour marquer l’entrée dans la vie sociale, tels que la circoncision pour les garçons et l’excision pour les filles. De même, il est bon de savoir que l’on emploie seulement la main droite pour toute la vie relationnelle (salutations, don d’objets…), alors que la main gauche est réservée aux ablutions intimes – notamment pour les besoins naturels, puisque l’on n’utilise pas de papier toilette.

Enfin, les enfants ne reçoivent pas leur nom à la naissance, mais au huitième jour seulement, comme le pratiquaient déjà les Juifs. Bien que l’islam soit par nature prosélyte, il règne un véritable respect inter religieux jusqu’à présent.

Culture africaine

  • la famille : Il convient de parler d’abord du rôle essentiel joué par la famille élargie. La famille est véritablement la force de l’Africain. C’est elle qui le nourrit et le protège, de sa naissance à sa mort, et en conséquence il aura toujours une importante responsabilité vis-à-vis d’elle. Qu’est-ce que la famille élargie ?
    Elle ressemble aux baobabs que l’on voit beaucoup ici : très solide, elle est toujours liée à la terre où elle s’est développée; elle s’étend verticalement des racines aux petites pousses vertes, des aïeux aux nouveau-nés, morts ou vivants, chacun ayant sa place dans l’âme de la famille; et elle couvre une large surface par ses branches, incluant tous les cousins.
  • les âges de la vie : Avant la naissance, on ne parle pas de l’enfant que porte une femme. Tant que c’est un nourrisson, on le protège des forces du mal en plaçant certains objets à ses côtés.
    Sa maman l’allaite pendant une période qui peut aller jusqu’à deux ans et durant laquelle le père n’intervient pas du tout auprès de la mère comme de l’enfant. Ces deux derniers vivent une véritable fusion, qui cesse brutalement au moment du sevrage.
    L’enfant, qui doit alors marcher, cesse à la fois de téter et d’être porté sur le dos de sa mère. Désormais, ce sont les frères et sœurs (surtout les grandes sœurs ou les cousines) qui vont s’occuper de lui et faire son éducation. Lorsqu’il a grandi, ses oncles et tantes en ont la responsabilité morale, parfois même la garde puisqu’il arrive souvent que l’on confie l’un de ses enfants à un autre membre de sa famille.
    Ce rôle se maintient jusqu’au mariage, pratiqué très jeune dans la société traditionnelle (vers quinze ans), puisque ce sont les oncles et tantes qui l’organisent. Le mariage est conclu par paiement d’une dot et donne lieu à une fête qui dure une semaine.
    Au huitième jour de la naissance du premier enfant, on organise une grande fête qui marque à la fois l’importance que l’on attache à la vie et la place centrale de la femme, car c’est vraiment sa fête.
    Dans la vision africaine, la femme est le pilier de la famille, la référence, et sa parole n’est pas contredite. Ceci équilibre assez la vision musulmane des choses.
  • Devenu âgé, l’Africain demeure dans sa famille, qui a le devoir de subvenir à tous ses besoins et qui l’honore comme détenteur de la sagesse – ainsi, quand un vieillard parle dans une assemblée, on n’ajoute pas une parole après lui. S’il meurt très âgé, son décès sera considéré comme une fête car il aura bien rempli sa vie. Une fois qu’il a rejoint les aïeux, on continuera à faire mémoire de lui avec le culte des ancêtres, pour montrer qu’il a toujours sa place ici-bas.
  • le monde visible et le monde des esprits : Le monde des vivants et des esprits, des choses visibles et invisibles est beaucoup plus en relation étroite pour un Africain que pour un Occidental.
    Pour lui, il n’existe pas de vraie frontière entre les deux, et l’accès au monde des choses occultes est normal, courant. On y fait souvent appel pour résoudre des problèmes concrets de la vie sur lesquels les esprits ont plus de pouvoir, comme la maladie par exemple.
  • l’ethnie : S’il est fortement enraciné dans une famille, chaque Africain appartient aussi à cette grande famille qu’est son ethnie. Il parle sa langue, vit ses coutumes, connaît sa terre et reste toujours lié par le sang à ceux de son ethnie.
    L’idée de nation n’a guère de sens en général, on ne reconnaît comme frontières que celles de son ethnie et comme peuple que ceux qui en font partie.
  • la notion du temps : L’Africain n’a pas du tout la même notion du temps qu’un Européen. Il n’est pas inutile de rappeler que son esprit n’est pas cartésien et qu’il n’a pas la même logique qu’un Occidental.
    D’après les ethnologues, la notion de temps se forme dès la petite enfance, lorsque l’enfant tête le sein de sa mère. Celle-ci allaite à la demande, ce qui marquera en lui pour toujours l’importance du moment présent par rapport au passé et à l’avenir.
  • le repas : De même, le sein est donné à l’enfant dès qu’il s’agit de calmer une angoisse ou de résoudre un conflit. Même plus tard, lors de la croissance de l’enfant, la nourriture garde ce rôle. C’est pourquoi, à l’inverse de nos pays, le repas n’est pas du tout un lieu d’échange, on n’y parle presque pas. Assis par terre sur une natte, tous partagent le repas, ensemble autour d’un grand bol.
  • une civilisation orale : Dans le domaine de la communication, il faut encore ajouter que l’Afrique n’est pas une civilisation de l’écrit. L’essentiel passe par les gestes, les attitudes, les danses, etc.
    Une partie du savoir est transmise oralement, toujours sous la forme d’un conte ou d’un récit. De longues discussions ont lieu sous l’arbre à palabres dans les villages. On observe, la plupart du temps, que dans les communications verbales le cœur du message n’est pas formulé, il est implicite.
  • l’entraide collective : Enfin, signalons l’importance du système de l’entraide collective, qui prévaut dans tous les rapports inter personnels. Ainsi, même quand un Africain n’a pas de quoi vivre, il « débrouille » (expression locale).

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