Il y
quelque temps, nous avons fait la rencontre d’une nouvelle
famille dont j’aimerais vous parler. La maman est philippine,
le papa vient du Sierra Leone, et ils ont trois petits bouts
: Philippe (sept ans), Paola (six ans) et Patricia (deux ans).
Seulement, pour vivre, les parents travaillent tous les deux.
Ils quittent leur maison tôt le matin pour ne rentrer
que vers 19 h. Par conséquent, les enfants sont seuls
toute la journée, enfermés à clé
dans un petit appartement de deux pièces. Philippe
se transforme alors en vrai papa et doit s’occuper de
ses sœurs comme un grand, tâche qu’il accomplit
à merveille. Il habille ses sœurs, leur donne
à manger (un repas froid que prépare la maman
le matin), surveille la sieste de Patricia, les lave, etc..
Vous imaginez ? Rappelez-vous vos petits garçons de
sept ans… le pauvre n’a aucune enfance.
Alors,
environ une fois par semaine, nous allons les chercher pour
les emmener jouer à la maison, ce départ est tout
une expédition. Il faut ranger la maison car la maman,
épuisée quand elle rentre, bat Philippe s’il
y a trop de désordre… Nous devons donc retrouver
les différentes paires de chaussures, les habiller proprement,
faire la vaisselle, passer le balai, etc… et on peut enfin
y aller ! A la maison, ils sont merveilleux. Philippe peut se
retrouver enfant, il joue avec d’autres petits de son
âge, et les filles, devant nos jouets, se retrouvent au
paradis. Il faut voir leur yeux ébahis quand elles aperçoivent
les mikado, poupées, cordes à sauter, etc.…
C’est trop mignon !
Un après-midi, Vicky, Marie-Christine et moi avons décidé
de les emmener au parc… C’était une journée
magnifique. Oh, ce n’était rien d’exceptionnel
: trois balançoires, deux toboggans, et un tourniquet,
mais cela suffisait à les rendre heureux. Mais nous n’étions
pas trop de trois pour les surveiller ! Ils couraient partout,
riaient, jouaient. Bref, ils étaient manifestement comblés…
et nous aussi ! Maintenant, dès que nous allons les chercher,
ils nous demandent quand nous retournons au parc ! Ils sont
radieux et je suis bien contente d’avoir fait leur connaissance.
Emmanuelle