Liste des lettres aux parrains
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Amal et ses enfantsMaintenant, j’aimerais vous parler d’Amal et
de ses enfants, Abdo (dix-sept ans), Amar (douze ans), Hamoudi
(sept ans), Nur (trois ans) et Youssef (un an et demi) et
d’un dernier qui devrait bientôt arriver, car
Amal est enceinte. Paul partit donc chercher les enfants et les ramena au
Point-Cœur. Finalement, Abdo décida de retourner
chez lui et de se rendre à la police en compagnie
de Paul. Les policiers dirent à nos deux Amis des enfants qu’ils allaient garder Amal pour la nuit. Paul leur dit que c’était impossible vu que nous avions les enfants à la maison et qu’ils avaient besoin de leur mère. Après moult pourparlers et discussions au téléphone avec le commissaire en chef, ils consentirent à la relâcher. Notre présence en tant que Fran-çais a sans doute été pour beaucoup. Quant à Abdo, qui n’a que dix-sept ans, il se retrouve en prison et pour longtemps. Nous allons essayer d’aller le visiter. Après cela, Amal revint à la maison pour
souffler un peu, mais il était hors de question pour
elle de retourner chez elle avec ses enfants. Amal est une
femme fière et elle avait trop honte du regard et
du jugement des voisins et, dans sa culture, on ne retourne
pas dans un lieu qui est devenu maudit. Aujourd’hui, ils ont à nouveau déménagé et ils habitent dans le secteur musulman de Nabaa, pas très loin de chez nous. Amal a renvoyé Walid, le père de Youssef, parce qu’elle le soupçonne de lui avoir volé de l’argent. Les conditions dans lesquelles ils vivent sont déplorables : une pièce (en France, on l’utiliserait pour les poubelles), au rez-de-chaussée d’un immeuble sordide. Il n’y a pas de porte, juste un rideau en guise de porte d’entrée. Pour fenêtre, une lucarne qui ne laisse pas passer la lumière extérieure, il y a donc une ampoule allumée continuellement, c’est très humide et les câbles électriques de l’immeuble pendant partout. On a l’impression à chaque instant qu’on va se faire électrocuter. Une conduite d’eau coule sans arrêt dans l’entrée et il y a une odeur nauséabonde d’égout. Depuis qu’ils habitent là, leur état de santé s’est fragilisé. Amal a attrapé la gale et maintenant c’est au tour des en-fants. Nous ne pouvons donc plus les accueillir au Point-Cœur, mais nous allons les voir régulière-ment ; mais les enfants ont du mal à comprendre. Un médecin que nous connaissons leur a prescrit une lotion à mettre sur le corps, mais à voir les conditions dans lesquelles ils vivent, je ne sais pas si cela sera efficace. Nous avons fait des démarches pour aller au dispensaire, mais Amal ne vient pas au ren-dez-vous. Nous sommes même allés la chercher un matin pour faire une échographie, là aussi nous avons essuyé un refus. Pourtant, au milieu de cette pauvreté, il y a des
moments de joie. Comme lorsque je suis allé avec
Clotilde en visite chez eux. Amal et les enfants étaient
heureux de nous voir, nous nous sommes tous assis sur le
trottoir devant leur immeuble et Amal nous a offert à
chacun un Pepsi. C’était la fête, Amar,
Hamoudi, Nur et Youssef riaient et jouaient sur cette parcelle
de trottoir au milieu des mar-chands ambulants, des piétons,
de la circulation et du brouhaha de la rue. Que mon humble prière vous accompagne. Jean-Louis |