Liste des lettres aux parrains
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Jai reçu aujourdhui la visite dune famille tadjike, un père et ses deux enfants : Tazir (un petit garçon de cinq à sept ans) et Goulia (une fille dune dizaine dannées).
Toute la journée, ils passent de porte en porte pour mendier quelques pommes de terre, du pain et des vêtements chauds. Le soir, ils retournent « chez eux » dans les souterrains de la ville où passent les conduites deau chaude qui permettent de sabriter du froid. Cest là quils vivent avec une autre famille tadjike et leurs enfants. (Les tadjiks peuplent principalement le nord de lAfghanistan, le Tadjikistan et lOuzbékistan).
Ils ont donc frappé à notre porte, les enfants savent si bien faire les mendiants. Ce nétait pas la première fois quils passaient et jétais tenté de leur donner comme dhabitude un morceau de pain et de refermer la porte derrière moi, agacé par ces parents qui utilisent leurs enfants pour mendier, alors quils pourraient chercher du travail. Mais en ouvrant la porte et en les voyant debout tous les trois par 10°C, je nai eu plus quun seul désir : les faire entrer et leur offrir un thé chaud accompagné du reste de soupe de midi. Je voulais dépasser mes préjugés pour les accueillir comme des amis et non comme des mendiants.
Pendant que la soupe se réchauffait, jai installé les enfants devant une feuille de papier pour quils dessinent. Encore très intimidés et ne sachant plus quel rôle jouer, celui du mendiant ou celui de lenfant, ils nosaient pas me regarder. Mais bien vite, un petit sourire est apparu sur le visage de Tazir puis de Goulia. Après le repas, le père ma demandé de masseoir à côté de lui pour quil puisse prier pour le Point-Cur et cest en arabe comme le font les musulmans quil a rendu grâce à Allah pour la soupe et laccueil, avant de repartir dans le froid avec ses enfants.
Patrick