Liste des lettres aux parrains
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Parfois, elle a tellement peur de mal faire qu’elle se bloque. À l’école, cela lui posait de petits problèmes au début, mais regonflée par notre amour et toute l’affection que lui porte la communauté, elle parvient à se « lâcher » et montre ce dont elle est capable. En effet, Ingrid est une petite fille minutieuse et créative. Elle adore inventer des histoires et mimer des scènes. Je la vois encore mimer la messe sur la terrasse avec ses deux sœurs, chantant de tout son cœur et se mettant à genoux avant de recevoir l’eucharistie. Petite fille au grand cœur, elle nous donne tout son amour. Très responsable de ses sœurs, elle était comme une petite maman pour elles lors de son arrivée à la Fazenda. Encore aujourd’hui, elle est affolée lorsqu’elle ne sait pas où est Brenda et s’extasie devant les progrès de Pamela. Ingrid est une belle petite fille, toute sensible, qui ne demande qu’à être aimée. Brenda – trois ans Brenda ou le petit rayon de soleil qui illumine tout sur son passage. Sa petite tête en forme de lune, sous une chevelure toute bouclée, resplendit de gaieté et de joie de vivre. Spontanée, elle vit l’instant présent sans se soucier du lendemain, ni même de la conséquence de ses actes. Si elle croise sur son chemin un ver de terre, le pauvre finira dépecé sans qu’elle ait cons-cience de lui avoir fait du mal.
Brenda aime sa maman, même si elle pleure beaucoup avec Véa dont la grande susceptibilité est bien souvent atteinte par l’espièglerie de sa fille. Malgré ses airs de « casse-cou », Brenda est une pe-tite fille fragile qui a besoin d’un cadre très structuré et de beaucoup d’amour. Pamela – un an et onze mois Pamela est un petit pinson joyeux et plein de vie. Elle est très attachante et aussi très attachée à Sébastien et à moi. Ces derniers mots « très attachée à Sébastien et à moi » sont à la fois tout notre bonheur et toute notre souffrance…. En ce qui me concerne, Pamela me montre son attachement tous les jours : lorsqu’elle se blottit contre moi, me couvre de baisers, s’accroche à moi ou m’appelle dès qu’elle se sent en insécurité… et surtout, lorsqu’elle se met à hurler en me voyant partir de la maison de sa maman où elle passe le week-end. Comment rester insensible à un tel témoignage d’amour ? Bien sûr, son attachement à moi me fait chaud au cœur… mais en même temps, il rend ma lutte intérieure plus difficile encore. Il est vrai que, chaque jour, je fais de mon mieux pour remplir la mis-sion qui m’a été confiée : transmettre à cette enfant l’amour du Seigneur, sans me substituer à sa ma-man. Mais le fait que Pamela me considère comme sa deuxième petite maman complique ma tâche. À cela, s’ajoute ma culpabilité face à la douleur de Véa voyant sa fille me témoigner tant d’affection. Par son attitude, Pamela met le doigt sur le danger de notre mission : l’éloignement des liens en-tre les trois petites filles et leur maman. C’est pour cette raison que le retour des petites chez leur ma-man me paraît primordial. Ainsi, tout le monde est confronté à sa propre réalité : réalité de Véa, mère de ses trois petites filles ; réalité de Pamela, Brenda et Ingrid, filles de Véa. Notre propre réalité : nous sommes une famille d’accueil au service du Seigneur et non pas les parents de ces petites puces. Nous sentons profondément que ces trois petites filles nous ont été envoyées par le Seigneur et nous nous en remettons à Sa volonté. Je vous embrasse chacun et confie à vos prières Ingrid, Pamela, Brenda et leur maman, Véa. Perrine |