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L’Œuvre Points-Cœur
=
l’Œuvre du chapelet

Deuxième lettre aux Amis des enfants
Novembre 1990

Très chers Amis des enfants,

 

Depuis le début, jamais je ne vous l’ai caché :

L’ŒUVRE POINTS-CŒUR EST LE FRUIT

DE LA RECITATION DU CHAPELET.

 

Aujourd’hui, je me dois de vous révéler davantage

ce dont j’ai la ferme conviction :

c’est que l’Œuvre Points-Cœur

ne tiendra dans le temps,

ne se développera,

ne portera du fruit

que si son fondateur,

que si vous-mêmes, Amis des enfants,

que si chacun de vos parrains spirituels,

nous sommes fidèles chaque jour à la récitation du chapelet

– ou au moins d’une dizaine.

 

* * *

 

Dès que l’on aime,

dès que l’on a perçu

que le visible n’est qu’une porte sur l’invisible, infiniment plus vaste,

on rêve d’être continuellement uni à Dieu,

et aux anges et aux saints,

et aux hommes d’ici-bas, et aux femmes et aux enfants,

ceux qui sont proches et ceux qui sont loin.

 

Et on souffre de s’apercevoir que, sans cesse,

on est distrait, on est éparpillé,

on perd la paix.

On tente alors d’utiliser

des méthodes de relaxation,

de respiration, de dilatation…

Mais, c’est difficile !…

 

RIEN NE VAUT LE CHAPELET !

 

Cela, cette fois, semble trop simple :

c’est un moyen de vieilles femmes !

c’est une « rabâcherie » infinie !

c’est de la mariolâtrie !

 

Écoutez : RIEN NE VAUT LE CHAPELET !

C’est le secret de prière

que Marie révèle aux pauvres et aux petits ;

c’est par excellence le secret,

LA FORCE DES POINTS-CŒUR !

Et puisque vous avez désiré aller là où, parfois,

seule la présence d’une Mère est supportable,

puisque vous avez désiré partir

laver les pieds des petits,

consoler les pauvres,

souffrir avec ceux dont le visage est

noyé de larmes,

c’est comme eux d’abord qu’il faut prier.

Il faut appeler Marie,

saluer Marie,

l’appeler encore…

la saluer encore…

jusqu’à ce que vienne le Royaume

où il n’y aura plus ni larme,

ni pleur, ni cri, ni peine… (cf. Ap 22, 4).

 

Le père Lamy,

si proche de chacun de nous,

jamais ne lâchait son chapelet !

Il ne voulait perdre la présence de Marie.

C’était comme si, en tenant son chapelet,

il serrait la main de l’Immaculée,

comme un tout petit enfant donne la main à sa mère.

Nous avons trois cents photos de lui :

nous avons trois cents photos d’un prêtre qui tient son chapelet.

 

C’EST QUE LE CHAPELET,

C’EST BIEN PLUS QUE LE CHAPELET !

On dirait une simple chaîne

avec de vulgaires grains…

 

Mais c’est la chaîne

qui unit toutes nos actions de chaque jour,

qui, par Marie, sont offertes à Dieu !

 

C’est la chaîne

qui unit dans notre cœur tous ceux que l’on aime,

et, mieux même, les gardent fermement dans le cœur de Marie !

 

C’est la chaîne

qui unit toutes nos pensées, nos désirs, nos imaginations

et nous fait devenir l’homme d’une unique ambition :

ETRE TOUT A DIEU PAR MARIE !

 

C’est la chaîne

qui surtout nous unit à tous les mystères de la vie du fils de l’Homme

et nous fait porter du fruit avec lui.

 

On ne penserait pas tout cela :

cela paraît si simple, un chapelet !

On s’imagine qu’il faut des extases,

des tremblements et des ouragans, des élévations et des lévitations !

 

Mais non, Dieu est à portée de la main

de celui qui a le chapelet en main,

dans le souffle léger de l’Esprit qui vient,

dans le silence intense de l’Agneau qui adore,

dans le voile de Celui que personne jamais n’a vu !

 

Tu fais oraison

et ton esprit se dissipe :

prends à la main ton chapelet,

Marie te ramènera au fils !

 

Tu marches dans la rue

et ton regard s’éparpille :

prends à la main ton chapelet,

dans ceux que tu croises tu verras que s’accomplit l’œuvre du salut !

 

Tu écoutes ton frère qui se confie

et tu te sens impuissant à l’aider :

prends à la main ton chapelet,

ton frère partira consolé par l’amour d’une Mère !

 

Tu marches dans la nuit, tu traverses des lieux périlleux

et tu as peur :

prends à la main ton chapelet :

« Quand vous circulez en récitant le rosaire, vous n’avez rien à craindre.

Vous pouvez circuler en toute confiance » (père Lamy).

 

Tu te mets au lit,

tu souffres d’insomnie :

garde à la main ton chapelet,

mystérieusement, tu soulageras ceux qui attendent

de voir la pleine lumière de Dieu.

 

C’EST QUE LE CHAPELET,

C’EST BIEN PLUS QUE LE CHAPELET !

 

C’est LA CLE

qui ouvre le trésor constitué par le « oui » de Marie.

C’est LA PRIERE

qui permet à Dieu de changer l’eau en vin.

C’est LA PORTE

de celui qui veut entrer dans l’esprit des Béatitudes.

C’est LA MAIN

qui guide dans la volonté de Dieu.

C’est LA CHAINE

qui unit l’humanité dans le cœur de la Mère.

 

Lorsqu’apparaît Marie,

toujours elle invite à la prière :

« Priez ! Mais priez donc ! »

et son regard nous désigne le chapelet,

et sa main nous tend le chapelet.

 

Si c’était plus compliqué,

peut-être obéirait-on… (cf. 2 R 5, 13),

mais cela semble trop simple

et pourtant rien de plus ne nous est demandé !

 

Tout ce qu’elle nous dit,

faisons-le !

Comme des serviteurs obéissants,

remplissons les jarres :

cela suffit à Dieu

pour changer l’amertume en louange,

la haine en amour,

la petitesse en puissance,

le désespoir en espérance.

 

Un jour,

le jour de notre Pâque,

dans nos mains

nos proches mettront un chapelet !

 

Un jour,

bien des jours après notre Pâque,

dans notre cercueil les archéologues

ne trouveront ni or ni argent :

comme tout trésor,

ils trouveront un chapelet…

Quel testament !

 

Et nous alors,

nous verrons de nos yeux glorieux

que le chapelet,

c’est vraiment bien plus que le chapelet ;

qu’un simple petit Je vous salue Marie

fait des merveilles sur la terre

et donne au ciel tant de joie…

 

Il ne faudra pas regretter de n’en avoir pas dit assez !

 

Le chapelet que vous avez reçu lors de la messe d’envoi,

avec un si beau cœur sur la croix,

usez-le donc,

semez des Ave Maria sur tous les chemins où vous passez,

dans tous les cœurs que vous croisez !

Dites-le lentement,

avec tendresse,

avec foi,

avec espérance,

à l’intention de tous les petits

– c’est alors que vous leur donnerez le meilleur :

votre prière à Marie –,

et dans leur main à eux,

mettez un chapelet

– c’est ce que vous leur laisserez de meilleur :

la présence de Marie.

 

Et puis, que chaque jour un peu plus,

dans le cœur de Marie,

le chapelet unisse tous les Amis des enfants,

ceux d’aujourd’hui et ceux de demain,

tous vos parrains et toutes vos marraines,

tous ceux qui croient en la puissance de l’amour nu.

 

Par l’Immaculée,

« toujours sur la brèche »,

je vous bénis

et vous renouvelle l’assurance

de mon intense communion,

de ma totale confiance,

et de ma vive reconnaissance.

Oh oui !

pour les petits

– je vois leur visage qui sourit –,

pour lui

– je vois son cœur consolé –,

pour elle

– la Mère des miséricordes, la Reine des Points-Cœur –,

je vous dis :

« Merci ! »

 

Amis des enfants,

– que dis-je ? –

amis du chapelet,

à bientôt !

À très bientôt !

 

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